‹ Histoire de Russie et de PierreleGrand, par m. le général comte de Ségur, auteur de l'Histoire de Napoléon et de La Grande Armée, pendant l'année 1812Chapitre 162 sur 332 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

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Cependant , l’ignorante et sauvage Asie s’était étendue sur la mer Noire , jusque dans Byzance , entre la Russie et le midi de l’Europe. Ce n’est donc pK>int au travers de cette mer devenue barbare, que les efforts de Pierre pourront se faire jour, jusqu’aux lumières européennes.

Mais vers le nord-ouest, une autre mer, celle d’où vinrent, au neuvième siècle, ces premiers Rosses fondateurs de son empire , est à sa portée. Cette mer, quelque hyperboi’éenne qu’elle soit, a pom-tant, comme la plupart des autres mers, civilisé ses peuples riverains. Elle seule peut unir la Mosaivie à la vieille Europe; c’est par elle surtout, <^t par les ports des golfes de Finlande et de Riga , que la Russie peut aspii-er la civilisation. Elle chassera de son sein les vapeurs grossières de cette double barbai ie asiatique et gothique , si tenaces l’une par l’autre , et dont la double source av.iit été si près d’elle.

* Mais ces ports tiennent à une terre guerrière, V hérissée de places fortes, et défendue par une nation redoutable. N’importe tout doit être tenté pour obtenir un si grand résultat

Toutefois, Pierre ne fera pas de si grands efforts says s’assurer de l’utilité de leur but. Rien de ce <|ui l’entoure ne peut lui douner l’idée des nations ' cpi’il doit ou s’attacher, ou combattre, et rpi’on lui cortseille de prendre pour modèle». Ce u’est point sur parole d'aven turiars qu’il sera ^e réfor-

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mateur de sou peuple ; il veut voir par lui-même cette civilisation toute faite, toute vivante, la juger dans ses effets, dans sou ensemble, dans se» détails , la puiser à sa source. Il part ‘ , et de ce premier pas de souverain , il rompt c(;ttc vi(ûlle barrière élevée par le despotisme et la superetition entre les Russes et l’Europe , et qui ne leur laissait avec le monde civilisé , d’autre relation que la guerre.

Alors Mustapha II était vaincu par l’empereur Léopold ; Sobieski mourait , la Pologne hésitait entre le prince de Contf et Auguste de Saxe ; le célèbi-e stathouder Guillaume 1“ , régnait sur l’Angleterre; I^uis XIV allait signer la paix de Riswick; l’électeur de Brandebom*g achetait le titre de roi de Prusse , et Charles XII montait sur le trtjne.

Pierre n’a cpie vingt-quatre ans , et déjà le plan de sa vie entière semble irrévocablement tracé. Son voyage l’inditpTe ; il commence par cette Livonie , tpi’il observe dans Riga au péril de sa liberté; il ne se reposera- plus qu’il n’ait acquis cette pixÿvince maritime, ce débouché, cette source de commerce et de civilisation , par où doit s’éclairer et s’enrichir un jotu' son empire.'

Il gagne, en passant , l’arriitié de la Prusse, qui, dans cet effort , peut un jour le servir ; la Pologne

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