‹ Histoire de Russie et de PierreleGrand, par m. le général comte de Ségur, auteur de l'Histoire de Napoléon et de La Grande Armée, pendant l'année 1812Chapitre 182 sur 332 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

aujourd’hui ils leur sont enlevés à jamais pour cette armée permanente avec laquelle leur czar les opprime. Leurs jeunes boyards eux-mêmes l dans quel état de dégradation vient-il de les précipiter? qui d’eux fut jamais appelé à la défens’e de la patrie, autrement que pour un temps limité? Jusque-là , quand songea-t-on à leur prescrire leurs vétemens et leurs armures? qui jamais eût osé les faire marcher autrement quà la tête des milices des villes, de leurs gardes ou de leurs vassaux? Eh bien! il faut désormais que, sacrifiant leurs plus belles années , seuls et revêtus d'un uniforme d héré tique , ils aillent s’abaisser et se confondre, un mousquet à la main, dans les derniers rangs de cette armée.

C’est là que, soumis à un apprentissage , à une discipline insupportables , et commandés par un Menlzikof ou quelque autre esclave parvenu : ou, ce qui est plusrévoltant, par d'odieux étrangers, ils ne pourront regagner une position moins indigne qu’à force de peines. Et pourquoi? Pour servir ce tyran qui vient de les frustrer dè la perception des impôts publics! Cet impie qui ose prétendre changer le cours que Dieu a donné aux fleuves ! ce * païen qui a porté une main sacrilège jusque siu' leurs barbes, sur ce symbole de leur foi aux anciens patriarches ! Sainte imitation de leurs saintes , images ! dépouiVés de ce signe vénérable , à quoi leur saint patron reconnailra-l-il désornutis son

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