‹ Histoire de Russie et de PierreleGrand, par m. le général comte de Ségur, auteur de l'Histoire de Napoléon et de La Grande Armée, pendant l'année 1812Chapitre 181 sur 332 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

le domaine par ses confiscations. C était là un choix bien di^ne d un prince, qui vient encore d'instituer des commissions militaires pour des causes civiles; récompensant, sollicitant la rigueur des juges, paj’ le don des biens-fonds des condanmes, dont lui- me me se réserve- le mobilier.

Aussi, est-ce à ce bowreau quiXvient de confier ’ son inquisition d'étal, tribunal de sang , infernale invention de son père ou de lui-méme. Dé.<iorma 'is , ' sur ce seul cri, Slovo-i-délo , du dernier de leurs\‘ esclaves, tous, graïulsou petits , pourront être pré-, cipités dans dhoiTibles cachots. Qu importe que le délateur y soit enchaîné près de sa victime ; que meme il suilrd abortl soumis à trois tortures : s’il persiste dans sa dénonciation , n'esl-ee point cdors au malheureux dénoncé, à subir à son tour cette infâme et -atroce épreuve? '**•

Mais ce piince n’en tient compte. Plus absolu que ^ tous ses ancêtres, ü n^ respecte rien , nij'ond, ni ■ J ormes ; LL monopolise danysa mam avide tout le * commerce, d ou vienlda çhute de plusieurs de ses branches.'4-t oilà comme il. usurpe tous les droits, comme il détruit jusqu'à cette ancienne formule ; des ukases : Le coNsipi. des boyards ordonne, malgré le serment du trône , exigé de son aïeul c ’ De se soumettre aux lois, de ne rien décider* , d’important, et de, ne KAIRE AUCUNE LOI NOU- VELLE, SANS u’ADHIiSION DES GRANDS DE l’ÉtAT. ' Car rien n échappe à son despotisme infiexible.

Digilized ; . Cîmjgli

34o livre VIII.

Il s étend sur tous les usages; il ne lui suffit pas d’avoir renié la forme nationale des vétemens ; il faut encore que ses indignes satellites, placés en embuscade aux portes des villes , osent mutiler, jusque sur des boyards mêmes, ces robes majestueuses, héritages de leurs ancêtres. Quelle est donc cette civilisation qu’apporte une si grossière brutalité ? 0>i n’a égard ni aux difficultés, ni à la dépense, ni au temps nécessaire aux ouvriers, comme aicx maîtres, pour prendre de si étranges habitudes. Enfin, jusque dans Astrakhan, ses lieutenans, exécutant tyranniquement , comme ils le font toujours, ses ordres despotiques, et préférant V habit à l’homme, ont fait voir une révolte, une ■ guerre civile, et une grande destruction d hommes, pour une forme de vetemens •

Les enfans de ses plus chers généraux, les neveux même d'Apraxin ne sont-ils pas condamnés aux travaux des esclaves , pour avoir préféré une instruction à une autre?

C’est ce tyran qui vient encore de faire des milliers de soldats, de celte fôule de nobles domestiques, dont jusque-là leurs grands boyards marchaient environnés. Son envie leur a arraché ce noble entourage, cet ornement de leur dignité , ce seul souvenir qui leur restait, de ces gardes, jadis, attachées à leur personne.

Autrefois, leurs paysans jï étaient requis qu’en jemps de guerre, et pour quelques mois par année :

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