LIVRE I. — CHAPITRE
et dernière inTasion f[ui devait suivre, soumirent aux Russes une partie des peuplades slavonnes de la Russie d’Europe.
Ces malheureuses contrées se trouvaient placées entre les invasions venues du Nord et de l’Est , et tout près des deux soiu-ces de ces épouvantalDles débordemens ; mais les Russes se présentaient poui* gouverner, les Tatars pour piller : elles préférèrent les Russes cpiand il fallut choisir.
Cette diflcrence venait de ce que les uns, trouvant de plus doux climats, cherchaient à s’y établir; tandis que les autres , en trouvant de plus rudes, ne songeaient qu’à dépouiller les habitans pour revenir dans le leiu’.
. Puis les habitudes des premiers étaient fixes; celles des autres, eri’anles.
Enfin , suivant une ti-adition i-usse , des mariages semblables à ceux qui avaieiit amené la conquête, la consolidèrent. Rurick, cpie cette tradition nous dit être fils d’une Slavonne , épouse une Slavoune urnanienne ; son fils Igor a pour femme Olga, que^ le même auteur assure éti’e issue des anciens princes slavons.
Il est vrai que jusque-là , si l’on en juge par le traité d’Oleg avec l’empereur Léon , la fusion des deux peuples n’avait pas romonté jusqu’aux chefs ; car les noms des douze envoyés d’Olcg et de ses Boyards sont tous Scandinaves ; mais dans le traité d’Igor avec le suocessênr de Léoh , -sur cinquante
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noms d’envoyés russes que porte cet acte , trois
déjà sont Slaves.
Sous la régence d’Olga slave et chrétienne , le d'édit des Slaves dut encore augmenter. 11 paraît même que Sweneld , l’un de ses voiévodes les plus illustres , était Slave. Enfin , ce qui est très remartjuable, depuis cette princesse tous les noms des Grands -princes sont slaves. Dès-lors, pleins du sang slavon qu’ils avaient reçu, et se voyant plus maîtres des Slaves que des indisciplinables Varègues, ces Grands-princes donnèrent la préférence au plus riche , au plus civilisé , au plus nombreux des deux peuples, comme à sa langue et à son plus doux climat ; le choix de leur résidence et leurs premiers codes l’attestent.
Les Slaves, ainsi (|ue les Varègues, finirent donc par regarder les descendans deRurich, comme leüi’s naturels et légitimes souverains Ces deux peuples s’unirent dans uiie meme fidélité. La crainte d’ennemis communs , l’espoir du pillage qui les attira sous les mêmes drapeaux , et leur réunion dans la religion du Christ en 988 , firent le i-este.
Cette passion dé pillage fut encore une des principales causes de l’immense et précoce développement de l’empire russe. En ce temps-là, le mot de ^ ralliement des nations barbares était le pillage de ^‘l’empire romain. Dès (pi’un chef avait asseî d’au- ’dace et de moyens pour tenter une entreprise sur ^^iKc , toutes les peuplades aceôuraiehl sous ées