CHAPITRE III
Cependant, entre çette gloire de Piiltawa et cette infortune du Pruth, dans le com t espace de deux années, que de travaux et dHétcnemens, cju’avec d’autres hommes, un siècle eût à peine pu contenir! Qu’est-ce donc que le, temps, si ce n’est un symptcWe de plus.de notre faiblesse? Et par cette grande hâte , cette presque simultanéité d’événetnens que le génie d’un seul hommé, suffit à pro-^ duire, comme on conçoit que, devant le génie de Tunivers, tout puisse existeç a la fois !
A pehie Charles XII a-t-il été abattu, que Pierre, par ses négociations et ses amies, a couru lui-meme achever en Pologne, en Piusse, avec-lel)anemarck, à Elbing, à Riga, à Pétersbourg et dans Moscou, sa victoire de Pultawa. Stanislas a cédé ; la Pologne a été rendue au Voi de Saxe : la force de Pierre a compris la faiblesse d’Auguste; il ne la lui reproche point, et rtpare son malheur. Toutefois, c est alors qu’il déclare que, puisqu aucun de ses alliés ne l a aidé dans ses conquêtes, les traités anterieurs sont nuis, et tpi’il ne partagera avec personne.
Aussitôt , de même- cpi’il vient de se faire son propre négociatetm, il est redevenu général et ‘ bombardier devant Riga , ingénieur et construc?leur de vaisseaux à Pétersbourg ; âdministratciu',
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et, déjà un prince puissant, reconnu emperenv par rAngleterre, dans Moscou, dt)iit il a encore exalté 1 orgueil patrioticpie par un troisième triomphe.
Lui-même a voulu travailler à ses appi-êts. Plus gi-and que ce triomphe , après avoir excité le coui-age et l’espoir de ses peuples par le spectacle de l’élévation des vainqueprs et de l’abaissemeut des vaincus, il accueille l’infortune de ceux-ci, honoi-e en eux la civilisation j les reçoit à sa table, les prend , à sou senice; et, s’il se montre un jour plus rigourevex, c’est quand il croit devoir exercer de trop justes représailles.
En même temps, il fixe son àrmée à trente-trois régimens d’infanterie j vingt-quatre de cavalerie et à cinquante-huit mille^diommes de garnison. Il en r^le la dépense j et , ppur épargner les frais d’eséompte et de revirement d’espèces , jl en répartit . et assigne les paiemens stu’ les dillë^’entes provinces ' de sou cmpû'e.
Ces fëtes ti’iomphaips et ces soius duraicut encore, cpi’il reparaît à deux cent ciiujrrante lieues de là, devant Wibourg ; çett^ capitali^succomlic. Mais o]cst là que, par représailles et pour- la première fois, il a manepré à sa pareje; ne s’apercevant pas qu’ainsi , il se fait plus de tort à lui-même (jù’à son ennemi. Il est vrai qu’en même temps il atténue son erreur par une foule d’adoucissemçus à la captivité d une garnison, qu il relient injustement prir -Sonnière.