ÉDIT
un pays, où, suivant une coutume asiatique, les Grands-princes avaient souvent choisi leurs femmes parmi leurs sujettes j-<^unies.
Au reste, l’événement n’a point tardé à justifier le choix; c’est quatre mois seulement, apres cpie ?ierre-lc-Grand a fait reconnaître pour souveraine cette fille du peuple, que ce peuple, son armée et lui-même, ont été sauvés au Pruth par son courage.
L’opiniâtreté de Charles XII venait de réussir. Deux grandes armées turques et tatais marchaient sur les deux rives de ce fleuve , pour écraser son rival ; et Pierre allait se livrer à leurs coups réunis , trompé par deux Grecs qui se trahissaient réciproquement. L’un, Cantémir, hospodar de Moldavie, lui offrait les deux principautés, et voulait recueillir seul, le fruit d’un complot excusable dans un Grec contre un Tm-c. L’autre , Brancovan , hospodar de ValacUie, était entré d’abord dans cette révolte; il s’était vendu à Pierre-le-Grand : puis, comme un double traître, se revendant à la Turqijie, il lui livrait son premier corrupteur avec son armée. L’espoir de ce misérable, était d’obtenb' du sultan les deux principautés, que Cantémir persistait à n’attendre que du czar.
C’était là, ilans cesdéserts où coule le Pruth, f[ue, tombés dans le piège, vingt mille guerriers, l’élite de la Russie, le germe précieux de sa civilisation, après plusieurs jours de marches, de contre-marches ét( de combats , sans eau , sans vivres , sans autres.