chapitre IV
dans la poursuite d’un but, cju’à ses yeux ni succès ni revers n’ont agrandi , ni diminué , il achève la coiujuête de la Finlande , envahit la Bothnie , refuse toute suspension d’armes, pousse ses soldats , (pi’il appelle ses plénipotentiaires, juscpi’aux portes de Stockholm, cpi’ils ébranlent , et dont ils arrachent enfin une paix plus glorieuse qu’il ne l’avait espéré. ‘
Car ce prince , qui fait si bien la guerre , qui a rendu sa nation si forte, et qui doit à cet art et à sa valeur tant de provinces et tant de gloire , lui préfère la paix. Dans sa iAp , ce fléau de l’ordre^ de la civilisation et de la fortune des peuples, est devenu le moyen le plus puissant d’organisation ,• d’instruction et de richesse nationale. Dès que , par la possession de Pétersbourg ’ , il a cm en avoir' obtenu tous ces biens , il a saisi toutes les occasions de déposer les armes; la veille de son triomphe de Pultawa, il a pour la seconde fois, ollfert la paix à l’ennemi tpi l’avait menacé jusque dans sa capitale , et qu4l tenait enveloppé. Il ne lui a demandé^ tpe la couservatiou de ce port sur la Baltique., déjà conquis et fortifié. Le lendemain de sa victou’e, son regard ferme perce, sans s’éblouir, au trayt^s de cette gloiin; si éclatante des armes ; il n’envisage toujours que le but iinitpe de ses premiers efforts» le premier motif de cette grande guerre : il écrit à'
Apraxin ; Grâce à Dieu, voilà la pierre fondamentale de Pétersbourg solidement fondée] Je crois que maintenant nous en resterons maîtres, ainsi que de son territoire ; et c’est lui (jui demande encore la paix au rival (pi’il vient de terrasser. Douze ans plus tard, en 1721 , après vingt et un ans de fatigues, de dangers et de victoires, (|uand enfin elle s’est conclue à Njstadt , et lui a donné la Livonie, l’Estonie, l’Ingrie, une partie de la Ca- . rélie, de la Finlande et plusieurs îles, en lui laissant une Hotte, une année, une réputation formidables, le nom de père de l^|pfttrie que lui décerne son ^ sénat, et le titre d’empereur que l’Europe confirme, ^•îil s’e.st écrié devant Muunicb, dans le transport de sa joie : Que si les Suédois l'avaient laissé l'arbitre \\^de la paix-, elle leur aurait été bien moins désavantageuse ; et il l’épète encore, que tout son ^ iespoir avait été la possession dttn jiort sur lu •* Baltique. '
Cependant, l’année d’après, il reprendra les * ' ai’mes, mais pour la demièi-e fois. Quatre guerres
amont occupé sa vie militaire : une contre la . ^ Suède, deux contre la Turquie, et la quatrième ^ contre la Perse. Trois auront été agi’essives et heureuses ; une ( celle du Pnitli ) défensive et mahixeureuse. Toutes auront eu le même but, celui ■ .. d’acquérir ou de conserver des débouchés sur les
etc. J. etc. ^ f ^