CHAPITRE IV
le travail de ses mains lui produit du cidre, du vin, et de l’argent par-dessus. Faites-m’en souvenir en Russie, J’essaierai d’exciter nos popes par cet exemple , et, en leur apprenant à cultiver la terre, de les tirer de leur misère et de leur oisiveté. Puis, il inscrit ce souvenir dans ses cahiers de notes pleines de bon sens , de savoü’ et d’observations ingénieuses, sur tout ce qu’il juge convenable de tenter pour le mieux être de ses peuples.
Cependant, son fils, l’héritier de son trône, a profité-de son absence pour se révolter contre cette civilisation en la fiiyant, comme jadis les strélitz en l’attaipiant; et le sang tachera la lin du second voyage du czar , plus encore cpi’il n’â souillé son premier retour. Les prêtres sont la pramierc cause de cette révolte , dont mie main de fer poun\i seule extiiyier le germe. Alors s’explicpiera , aux yeux des Russes et à l’étcainement des Français, le silence. rude et farouche de cepiânce, devant le lit de la veuve intolérante et superstitieuse de Louis XIV, et son transport sauvage sur le tombeau de Richelieu, lorsqu’il s'écrie : Grand homnw ! je t’eusse donné la moitié de nies Étais pour apprendre à gouverner V autre ! comme si , par cette singulièi’c exchunation , il eût demandé à ce génie de l’ordi'e , par le despotisme , de joindre sa sanglante et machiavélique inflexibilité à la sienne , poui- le. terrible coup ({ù’il méditait.
Mais détournons nos l'egards. dn ce fatal épisode ,
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et, dans l’immense et rude carrière qu’a parcourue ce fondateur, suivons d’abord jusqu’au bout la trace de ses pas puerriei's. Déjà, la durée de sa lutte contre la Suède a passé dix-huit années. Elle doit , pendant trois ans encore , ensanglanter la mer Baltique. Les négociations de Goertz avaient ralenti les hostiUtés sans les suspendre. A la mort de Charles XII, en tyiB, ce feu mourant se ranime ; il jette une dernière et vive lueur, où toute la gi’andeur du génie de Pierre éclate encore. Charles XII tué, Pierre est resté seul l’objet de l’in- <piiète jalousie des puissances du Nord ; elles se réunissent à la Suè’de, qu’elles jugent suffisamment allàiblie, pour aflàiblir le Czarà son tour. Ainsi , comme il arrive quelquefois dans ces grands débats , cette lutte sanglante terminée, la victoire serait restée aux témoins. ,
Mais lui, dans tous ses triomphes, n’a vu que leur résultat; pour le oonser\'er, il ne craindra pas de rompre avec l’Autriche, la Pologne, le Danemarck, et même avec l’Angleterre, dont la politique envieuse commence à le redoutei’. Déjà , l’égal de tous ses maîtres , on le voit refuser leur pcu'fide mé- *
diation, l'épondre à leurs démarches hostiles par des représailles; et quand le successeur de Charles XII, cpi’ils soutiennent, lui conteste enetwe ce port stir la Bakitpie, seul prix de dix-neuf ans d’elTorts, il les redouble. C est au jravers. de leui’s menaces j en présence de leurs flottes l'éuniesi qu’invariable