CHAPITRE V
C’est ainsi f[ue plus grand que son empire, il le remplit , il le dépasse de toutes parts , et (pi’il ouvre à l’industrie des siens l’immensité dés terres et des , mers. Car c’est lui qui , dès les premières années de son i*ègne , a commencé le commerce de la Russie avec la Chine : depuis, et quoique le pi-incipal objet de ses efforts ait paru devoir fixer tous.ses regards vers l’Europe , il n’a pas négligé ce point de vue tout opposé. Ses négociations ont renoué ce lien sans cesse rompu par la grossièreté et la mauvaise foi . Sa justice a su protéger ses sujets contre ses propres olliciers , et plusieurs grands ont été décapités pour avoir rançonné leurs caravanes. Enfin, c’est du milieu de la mer Ralticpie , où il traite et com- * bat avec l’Europe , (pi’on le voit par d’autres négociations , eliercher constamment à abréger la marche de ses commerçans vers l’empire chinois , et tenter, par la Caspienne et la petite et grande Bukarie , de leur ouvrir le commerce de l’Inde. t Mais c’est surtout sur Pétersbourg cpie ses plus grands efforts se sont concentrés. Il ne lui a pas suffi d’ouvrir cette voie nouvelle à l’activité et à l’industrie , il faut cpi’il y pousse ses sujets étonnés, en dépit de leurs mœui's et de leurs habitudes contraires. C’est pourtpioi il a couvert ses mers, ses lacs