‹ Histoire de Russie et de PierreleGrand, par m. le général comte de Ségur, auteur de l'Histoire de Napoléon et de La Grande Armée, pendant l'année 1812Chapitre 223 sur 332 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

noritj^ , d’enfance même ; et tant il y avait de lui à ses sujets non seulement la distance^ du maître h l’esclave , mais celle d’uil homme dans l’âge de la raison à celle d’êtres encore privés de la leur.

Tous étaient devant lui sans libre arbitre : il était leur destin vivant et irrévocable !

Toutefois , et surtout depuis l’usnrpation de Godounof, les Russes s’étaient faits à la possibilité de conspirer; mais tant qu’ils obéissaient, c’était ainsi : on ne connaissait point là d’autre façon de commander et d’obéir.

Ceux même de leurs ambassadeurs qu’une longue suite d’années, passées dans la civilisation, venait de polir, en rentrant dans une atmosphère si épaisse d’esclavage, d’immoralité et de barbarie j étaient forcés d’y refaire leurs yeux et leur cœur , pour s’y conduire. Ils y oubliaient bientôt ce qu’ils avaient appris.

Était -il donc étonnant que cette puissance de mœius, si brutales, si invétérées j eût agi sm* le réformateur lui-méme, surtout, cpiand pour instruire ces peuples et s’en faire entendi-e, il avait fallu que, sans cesse en contact avec eux, il leur parlât sans cesse leur grossier langage ; et qu’eufin , pour les airaclier à leurs ténèbres , la crainte étant leur seul côté accessible , il les saisit par cette seule prise.

Mais qu’on l’écoute lui-même, lorsque, dans plusieurs circonstances, il s’écrie devant les siens ;

Diyiuz.».. by Googit

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