‹ Histoire de Russie et de PierreleGrand, par m. le général comte de Ségur, auteur de l'Histoire de Napoléon et de La Grande Armée, pendant l'année 1812Chapitre 258 sur 332 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

« s’écriait-il, est plus grand que moi, si ce n’est « que j’ai su réduire mon clergé à l’oWissance , et « <|u’il s’est laissé dominer par le sien. »

Mais c’est suj’tont dans cette année sanglante, si funeste au dernier espoir tjue les vieux Russes avaient placé dans son successeur, cpi’il semble s’être hâté de les dépayser de leni-s anciennes coutumes, en donnant h l’administration de son empire une forme toute nouvelle. Déjà, en 1711, il avait remplacé l’antique cour suprême des boyards par un sénat , conseil souverain , où le mérite et les services pouvaient donner entrée j indépendamment d’une noble origine. Depuis, et j ' chaque année, d’autres changemens s’étaient successivement opérés. C’est ainsi qu’en 17 17*, il avait ^ rapporté de France, avec un traité de commerce,'**, l'institution d’une police générale. Mais , en 1718^ on le voit substituer tout à la fois , aux ancien-. ' lies prikaz, des collèges d’aflàires étrangères, de guerre, d’amiiauté, de finance, de justice, de^-e^ commerce , et déteiminer par un réglement géné- ' . ral et dans le plus grand détail , les fonctions et les attributions de chacun.

En même temp.s, à défaut de Russes capables,^ il appelle les Suédois, ses prisonniera , et desétran-*' gers choisis, à remplir ces places administratives et judiciaires. Il a soin de donner les premiers em»- .. * -* plois aux indigènes et les seconds aux étrangers, ^ afin que les nationaux soutinssent ContT^ l’orgueil '

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et la jalousie de leurs compatriotes, ces étrangers

qui leur servaient d’instructeurs et de guides.

Mais ce n’est point assez , et pour former à ces sciences ses jeunes nobles, il en attache un bon nombre à chaque college. Là , des moindres emplois , le mérite seul devra les faire monter au premier rang. Voilà comme tout mancpiant, hommes et choses, il crée à la fois l’administration et les administrateurs , la justice et les juges.

Il est digne de remarque que , soit conscience inquiète, soit tpie la majesté de nos parlemens eût inspiré son génie, ce fut à l’instant ou Pierre-le- Grand commettait la plus grande des iniquités, <pi’il s’occupa le plus de justice.

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