‹ Histoire de Russie et de PierreleGrand, par m. le général comte de Ségur, auteur de l'Histoire de Napoléon et de La Grande Armée, pendant l'année 1812Chapitre 266 sur 332 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

priétaires d’un revenu de cent sacs de î^'ain, à fournir un cavalier armé, ou sa valeur en argent; et, comme Iwan a augmenté ses revenus, en retirant la perception des impôts des mains des seigneurs , il peut , enfin , lever un coips d’infanterie , le premier qu’on ait vu en Russie ; il l’annc de mousquets, et le i*épartit dans les grandes villes, où ces strélitz deviennent des espèces de janissaires.

Ce même Iwan IV assigne encore une paie de guerre aux militaires en campagne. Par là, il double l’armée, dont plusieurs fois il porte l’clfcctif sous les armes à plus de deux cents canons et de trois cent mille hommes. Aimée bien ÜTCgulière sans doute, mais enfin, suffisante pour conquérir Kasan, Astrakhan , la Sibérie , pour écraser les chevaliers livonfens, et reprendi-e momentanément l’ancienne Russie jusfju’au Dniéper et à la Uüna, sur la Pologne et la Lithuanie alors en discorde.

Dt^h le regard rapide de Pierre a dû atteindre la fin du seizième siècle et le dernier des Riirick : ce siècle est en piartie le sien. 11 eu voit de plus près les armées; il en peut compter les dilféi-ens coiqis. 11 peut remart|uer, qu’en 1600 , la cavalei’ie russe se composait de quinze mille cavaliers uobles, gardes du Tzar, et de ces trois cent mille enfans Imyards, dont soixante mille se rassemblaient sur les liords.i de rOcka tous les printemps. Pierre sait, pai- expérience, que cette saison fut toujours dangei euse à la Russie méridionale, par les luciii-sions subites

des nomades. Il a pu même apprécier la dépense de ce rassemblement annuel qu’on évalue à huit cent mille francs, tandis que les quinze mille gai'des nobles du Tzar, coûtaient environ deux millions cinq cent mille francs, et l’infanterie régulière à peu près neuf cent mille.

Cette infanterie consistait alors en douze mille strélitz , six mille cosaques et tpiatre mille cpiatre cents Allemands ; le reste était composé de régimens pi’ovinciaux de trois à douze cents hommes , levés à la hâte, (piand les circonstances pressaient, qu’on avait peine .à garder un an sous le drapeau , et qui portaient le nom des principales villes. ‘

Ici , le vainqueur de Pultawa dut sourire de voir cette infanterie ai-mée de mouscpiets, de flèches et de massues , ne savoir approcher d’un rpfhpart ennemi , qu’en élevant et poussant justpi’à son sommet, des montagnes de terre. Elle se fiait si peu à ses armes et à son enseml.dc, qu’elle n’osait combattre au milieu des steppes, contre les Tatars , qu’entre deux rangs de planches ci’énelécs . de trois quarts de lieue de longueui’. ’

Enfin , paraissent à leur tour les armées de la seconde race. Mais, trop ébloui sans doute de la gloire de son père, Pierre-le-Grand semljlc n’avoir ■ point assez vu les efibrts de son aïeul Mikhaïl r eji 1629, pour opposer aux Suédois et aux Polonais, uiie armée russe disciplinée .à l’européenne.

' ^ I K.iiiiinsin, Flf^lwr, Un*çL', Pté. , i-hc. F . Mansloin. .

Page 1