‹ Histoire de Russie et de PierreleGrand, par m. le général comte de Ségur, auteur de l'Histoire de Napoléon et de La Grande Armée, pendant l'année 1812Chapitre 284 sur 332 · livre XII. — CHAPITRE V. 5s · texte numérisé non relu

livre XII. — CHAPITRE V. 5s

Sa vie n’avait été <|u’un long et violent excès Je travail entremêlé d’autres excès., Dès 1722, iinè; soufiTrance secrète se déclare’; il la tait; et c’est en dépit de ce mal que , dans cette meme année ^ il achève la complète de ces trois provinces de Perse, qu’il réunit momentanément à son empire. On le vit alors partager les fatigues de ses moindres. , soldats , et leur grossière nourriture. Il marchait . à pied comme eux, sous un soleil brûlant, dans un sable profond et calciné , au milieu d’une pous- * sière épaisse , souvent sans eau pour se désaltérer, pendant des journées entières. Et pourtant il refusa constamment de se sei^ir du carrosse de Catherine; elle-même en descendit plusieurs fois pour le remplm de soldats mourant de chaleur et de fatigue.

Cependant, son mal s’accroît ’. Cet ennemi intérieur cpi’il méprise , chemine et gi’andit pendant qu’en 1723, ne s’occupant cpic de ses ennemis extérieurs , bien moins dangereux , il retient les cosaques dans leur fidélité par la présence de soixante mille hommes; tandis qu’il contient les Tm’cs par. des négociations menaçantes , comme elles conviennent avec ces barbares, et cpie , ‘s’élevant de là (Caspienne à la Baltique , d’une uter de feu a ünc mei’ de glace, il passe encqrc en triomphe à Moscou, devant Romodanowsky , toûjours^dans un rang

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secondaire, lui rend compte de son expc^ition, et réprime en maître les nouvelles malvei'sations de son vice-chancelier et «elles de Mentzikof.

Son courage put encore dissimuler sa souirrance au milieu de sa flotte qu’il arma, en dictant à Stockholm la reconnaissance du neveu de Char- . les XII pour prince dè Suède; au Danemarck, celle des droits, de ce meme prince, son gendre à venir, au duché de Holstein ; enfin , en forçant Copen- * hague de }e reconnaître lui-même pour empereur. Mais comme en même temps pour cacher sa défaite intérieure, et ne. pas donner à ses ennemis une joie importune , ou même un dangereux espoir, il n’a voulu changer aucune de ses habitudes, chaque jour ses douleurs sont devenues plus poignantes.

Enfin, il ne peut plus les contenir, mais, c’est à un seul de ses serviteurs cpi’il en confie le secret ; il lui ordonne de consulter comme pour un autre ; il ne veut pas même qu’il s’adresse au médecin de sa corn-, tant il attache d’importance à ne pas être pénétré. C’est alors qu’on l’a vu se rendre aux eaux thermales d’Olonetz, et que, plus calme à son retour, il a pu, le 7 mai 1724, couronner Catherine.

Mais soit que , dans ces fêtes , il se fût laissé entraîner à ([uelques excès, ou, comme l’allirme son chirurgien' J que son mal n’eût été tpie pallié pAr

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