‹ Histoire de Russie et de PierreleGrand, par m. le général comte de Ségur, auteur de l'Histoire de Napoléon et de La Grande Armée, pendant l'année 1812Chapitre 283 sur 332 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

• Mais il faut enfin se séparer de ce gi’and homme ; peut-être même, dans ma répugnance à aboi*der ce dernier moment, ai-je surchargé ces pages de trop de détails. En effet, nourri des souvenirs de ses contemporains, pénétré de leur lecture, les yeux tantôt sur la carte de l’empire qu’il régénéra , tantôt sur la fidèle représentation de ses traits, que de fois, depuis cpiehpies années, ne m’a-t-il pas semblé d’ivre près de lui ! Dans les rêveries de mon imagination, rétrogradant dans le passé, transportant mon existence dans la sienne, sur ces lieux tpi’il gouverna, et (pie je visitai avec un autre colosse, (jue de fois encore ne me suis-je pas figiu'é (pie j’étais l’un de ces étrangers compagnons de , ses travaux , attaché au succès de sa grande entreprise, l’aimant, l’admirant dans son but, m’indignant des obstacles (ju’il rencontre, ou de ceux qu’il SC crée ; enfin , jouissant avec transport de ses belles actions, de ses gi'andcs et vigoureuses rpialités, ou soufirant de ses fautes et me révoltant contre ses vices !

Il n’avait pourtant que cinquante-deux ans. Mais à cette iime assez vaste pour animer un gi’and peuple tout entier, un seul corps, qnchpie robiislo qu’il fût , Mie pouvait loug-tcmps suffire.

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