‹ Histoire de Russie et de PierreleGrand, par m. le général comte de Ségur, auteur de l'Histoire de Napoléon et de La Grande Armée, pendant l'année 1812Chapitre 42 sur 332 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

suffisance grossièreté? Perd-On ainsi les droits de l’expérience , le seul bien cpii reste aux vieillaj'ds , et si cher acheté. •

Ajoutons que, dans ces temps barbares, le défaut de tactkpie et le genre des armes laissaient tout l’avantage à la force physique; ce qui donnait aux exercices du corps la priorité sur ceux de l’esprit.

Et puis',' les dilFérens saCs de Kief, des le commencement des partages de l’empire , détruisirent dans son principe tout l’ouvi'agc d’Olga, de Vladimir et d’Iaroslaf.

Contre une barbarie volontaire et générale , les moyens d’instiuction sont si faibles, que le prince, loin de les diviser pour les répandi-e , est forcé do les réunir sons sa protection; il faut cpi’il appelle d’aljord les générations naissantes autour de lui,' potir fpi’elles viennent y chercher l’instruction , qiii ne peut les aller chercher : c’est pourtjuoi ; les pi%cipes de la civilisation durent être long-temps renfermés dans une seule ville.

.Op, nous allons voir, dans cette seconde péi-kale de i’histoire russe, (jne cette ville, prise en g8o par les Varègues de Vladimir, brûlée en ioi5 par ceux d’Iaroslaf, et déjà pillée en 1018 par leS Polonais, fut prise et reprise par eux en 1069 et loyy ; et qu’ enfin , apn's avoir pasM' violemment de mains en mains pendant encore un siècle, elle fut saccagée complètement eu 1169, et à peu près détiuite en 1 201 . -

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Dans la destruction de celte Kief, de cette mère de toutes les villes russes, aurait été comprise celle de la civilisation , si l’intelligence humaine n’était un sol tellement propre à cette semence , que dès (pie son germe y est jeté, il devient indestructible.

Toutefois, la Grande-principauté passa de Kief à Vladimir; la navigation du Borysthène, de plus en plus contrariée par les Tatars Polovtzy et autres, fut oubliée. Les Grands-princes s’éloignèrent aiusi des Grecs, (pii les civilisaient, ((uand ces Grecs s’éloignaient d’eux , repoussés par les troubles civils de la Russie.

C’est pour(pioi , vers le milieu du douzième siècle (1168), date de la chute de cette seconde capitale des Russes, les moeurs deviendront plus sauvages, ou plutôt ce seront d’autres mœurs; ce ne seront plus celles de cette Kief, (pi’adoucis;| sait Byzance, mais celles du centi’c de la Ru^ie, encore païenne et barbare , au milieu de hupielle le; siège du gouvernemeut aura reculé. Les (Ig^ judiciaii'es s’ajouteront alors aux épreuves d\j. feu et de Peag; les assassinais ppliti(pies et les guerres ('jvjles se igultiplieront ; un singc^ici' ^É>àve de sucpession sc joindi'a à toiiS ces désor(b’es. L’epi- .Bire, ainsi déchiré ÿ^restera ouvert, ayx Polonais, aux;Mongrois„,j^ surtoi^t aux Tatars Polovtzy, (pii aideront les prinçes russes îÿde clévaster; eiilii)^ If s Tatars Motiguls sfc présenteront l’État , morcelé , résistera sans ensemble, et sera détruit.

C’est alors que dans cet abîme, ‘et pendant

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