livre II. - CHAPITRE III
de violences, d’usurpations, de traités violés^.i^ brigandages, soit entre les princes russes, soit avefc les Tatars polovtzy, ou avec les Polonais et les Hongrois ? cherchons donc dans ces faits,* la plupart indignes de mémoire , que cetix qui dominent, cpii peuvent donner, la couleur de ces temp, «t l’idée principale et générale de cette épotjue.
Or, dès les premières années du règne de Vsevolod, vers 1 084, on voit s’élever la grande figure de son fils, de ce Vladimir Monomaque, le héros de cette seconde période de 1 histoire russe.. Ses premières actions sont des campagnes lointaines pour redresser les torts. Génie tutélaire ati milieu de cette foule de princes apanagés, il accourt sans cesse à la défense du faible contre Pinjuste agresseur; les Polovtzy le rencontrent toujours je premier au-devant de leurs affreuses incursions. Le seul fait qu’on lui reproche., c’est de s’êüe laisÿ persuader qu’il était permis de manquer a sa; foi envers ces brigands , qui ne gai’daicuL jamais la leur; en effet, il se prêta à une perfidie contre ees perfides, trahit ces tirntres, et les fit éj^orger, endormis au milieu des fruits de leurs rapines, au nombre desquelles V ladnnir comptait , sans doute , le traité cpi’ils venaient de lui .arrache?. x
Mais que de grandes actions ont racheté cette givinde erreur! Quand, en vogS, squ.perc meurt dans ses bras ipi’il iui teudÿ iet siir ce riche tiône de Kièf qu’il lui laisse, et (|ue tons les bons citoyens
le supplient d’accepter, il le refuse. Quelrpie bizarre tpie soit l’oi-dre de succession établi, il le respecte; et, remettant le sceptre à Swiatopolk , son cousin : Son père, dit-il, était plus âgé que 4e mien; il a régné le premier dans la capitale. Je veux préserver la Russie des horreurs d'une guerre civile.
Il fait bien plus encore, pendant vingt ans il continue cette générosité. Fidèle vassal de ce Swiatopolk^, qui n’a que huit cents guerriers pour sa garde^ il vient sans cesse à son secours Hans les guerres bijustes et les combats impnidens où ce téméraire s’engage, en dépit de ses représentations et. de ses reproches. En combattant pour ce suzei-am , Vladimir perd dans les flots un frère chéri, rpi’il veut en vain sauver aux dépens de sa propre vie; il pei-d justpi’à son apanage de Tchernigof, (jue le méchant Oleg, son parent, réclamait comme son héritage, et ipi’il lui arrache.
Çct Oleg ne veut se soumettre, ni à l’amovibilité des fiefs,.. ni au congres de lOQy, où les princes répartissent entre eux les apanages; il a jui'é sui' la croix de se contenter de son partage ; mais lui et David, son^frèrç, en appellent encore aux Polovtzy. lis ouvrent sans cesse la Russie h ces brigands; leur vie n’ést (pi’un enchaînement de trahisons.
• Gi-Ace à l’inflùaice dû christianisme sur ces moeurs hyperboréennes , jusque-l.à , les discordes féodales des princes russes, aussi sanglan.tcs qu’ailleui-s , mais seulement du sang de» batailles ,