‹ Histoire de Russie et de PierreleGrand, par m. le général comte de Ségur, auteur de l'Histoire de Napoléon et de La Grande Armée, pendant l'année 1812Chapitre 49 sur 332 · CHAPITRE yi · texte numérisé non relu

CHAPITRE yi

ii’avaient pas (^té, comme chez les autres barbares , noircies du sang d<s forfaits. Depuis près d’un siècle, Swiatopolk le fratricide paraissait comme un monstre isolé dans ces temps de discoixles , dont il avait été l’horreur.

Cependant voici qu’à la ün du onzième siècle, cette détestable race du traître Oleg, qui ne' respecte rien, renouvelle ces monstruosités; son fi-ère David, à. qui la paix publique, rétablie par le congi-ès de 1097, est insupportable, ourdit une trame, calomnie Vladimir, et fait arracher les yeux à l’mi de ses parens , dont il convoite l’apanage.

Mais ce crime, si commun en Grèce,' était inoui en Russie : il la révolte. Un nouveau congi’ès de ses princes se rasseml)le sous une vaste tenté , et c’est encore le génie de Vladimir Monomacpie , tpii y domine. Ta prétends avoir à le plaindre, disent-ils à David ; te voilà assis sur un même tapis avec tes frères. Parle, qui de nous accuses-tu? Et David, déconcerté, se tait; et les princes sortent. Ils mon- .■ ' \ tent à cheval ; ils tiennent conseil tout armés , comme dans les circonstances alaimaiites. Puis ils se séparent; chacun d’eux va consulter ses Boyards; et David, condamné, rejeté avec horrem’, pei'd son apanage.

Toutefois, il reçoit de la pitié de ses parens (quatre villes et quatre cents grivnes pour sa subsistance : tant ces descendans de Rurick respectaient leur sang, même le plus mauvais; tant le ebristia-

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uisme les avait adoucis depnis Vladimir le gi'aud, qui supprima la peine de mort, et Isiaslaf, son petit-fils, qui l'abolit une seconde fois, laroslaf son père Tayant rétablie.

Enfin, la mort du méchant Oleg, ce dernier cougrt*s où brille l’influCnce de Monomaque, sa *»Aii^rosité ,' son ^ active valeur, ont suspendu les drssensions'civiles, et terminé de nouvelles guerres contré les Polonais et les Polovtzj. Pendant les trénte-cinij ans de règne de Vsevolod et de Swiatopblk , Vladimir, qui a refusé le gouvernement de la Russie , en a été le génie tutélaire.

Mais aloVs, en iii5, Swiatopolk meurt, Kief se bouleverse , elle massacre ses Juifs , et. Monoinarpie, à fjuî tous ont toujours l’ecours dès (jue le besoin d’oi*di*e et dejustice se fait sentir, est encore apjiclé pu trône; mais ce héros du devoir refuse encore le sceptre ; il déclare cpie c’est au fils de son • ennemt, à celui du perfide Oleg, (pie l’ordi-e d’hérédité le destine.

Cepôndant, sa grandè renommée, son âge, et les circonàtaii,ces , l’emportent : un assentiment, une volonté unanime, et la révolte des Kiewiens, le contraignent h i-égner.

Caf il est remar(|uable qu’il fut élu par une assemblée géuéralé' et solennelle* des citoyens de Kièf ; ce cpii^ toutefois n’ét'ablitqias les droitS* dn peuple, rien n’étant fixe alors grand homme dérôgcâot et pouvant-iaire 'dëi-oger k tout. D’ail-

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