LIVRE I. — CHAPITRE II
sous Amala et Hermanrique; un autre encore en 862 , sous le grand Rurick , fondateur de l’empire russe.
Mais la fondation de cet empire, et la dernière invasion de la Russie par les peuples de l’Âsie centrale , que souleva le génie de Gengis-khan ‘ , appartiennent à son histoire moderne.
L’empire russe ne commence donc réellement, qu’au milieu du neuvième siècle. On remarque dans son histoire, cSq grandes périodes, deux dynasties, douze princes remarcpiables , et cinq capitales.
La première de ces cinq grandes périodes, présente, de 862 à io54 , dans un espace de cent quatre-vingt-douze ans, la fondation de l’empire dans Novgorod par Rurick-le-Grand , chef des Varègues de la mer Baltique; son énorme développement sous le grand Oleg, successeur de Rurick, plus grand tpae lui, régent pour son fils Igor, et qui donne à cet empire naissant, Kief pour capitale , avec une grande partie de l’étendue actuelle de la Russie d’Europe. Vient ensuite le long règne du faible Igor, prince insignifiant, quoique fils de Rurick-le-Grand, pupille du grand Oleg,
Joraandès, Goth civilisé, écrit de Ravenne que vers a5o, Amala, roi des Goths et Cls des dieux, descendit du Nord, et entraîna contre les Grecs, les Slaves, les Vénètes et Antes, qui habitaient les contrées comprises entre la Finlande et le Borysthène.
' Ou Tchinguis-khan.
mari de la célèbre Olga, et peut-être, à cause de ce triple rapprochement.
Ce règne est suivi d’une seconde régence , celle de sainte Olga, veuve d’Igor, première Russe chrétienne, baptisée dans Constantinople, et célèbre par l’artificieuse et terrible vengeance qu’elle tira du meurtre de son époux, sur les farouches Drewliens * , dont elle acheva la soumission. Son administration est remarquable La république de Pskof lui dut ses libertés, q^ la rendirent pendant six siècles si florissante. Ce fut cette princesse tpii partagea le nord de la Russie en differentes circonscription^ administratives. Elle est restée gi’ande jusqu’au temps des annalistes , dans la mémoire , dans la bouche, dans le cœur des peuples.
C’est la mère de Swiaioslaf, guerrier dur, rude, inflexible, impétueux, i’Achille, le Charles XII de cette époque. De même qu’Oleg avait transporté sa capitale de Novgorod k Rief , lui , veut porter la sienne juscpi’cn Bulgarie * , toujours de plus en plus près de l’empire des Grecs : mais il en est chassé par eux ; et dans sa retraite , son crâne devient la coupe du khan des Petchenègues , sur les lieux mêmes où, huit siècles plus tard , Charles XII doit succomber sous Pierre-le-Grand , et par une même obstination. ■<
‘ Leur capitale était, dit-on, située près de l’embouchure du Pripiat dans le Dnieper.
’ Celle d’occident, l’ancienne Moesic.