‹ Histoire de Russie et de PierreleGrand, par m. le général comte de Ségur, auteur de l'Histoire de Napoléon et de La Grande Armée, pendant l'année 1812Chapitre 61 sur 332 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

• Cependant , jusfpi’en i524» ^'’^s^-^-tlire durant im siècle à dater de l’invasion tatare la puissance des Grands-princes fut douteuse; mais alors, dans la'foule des pi-étcndans à la Grande-principauté,'

'S d®iix branches 'rivales se. font distinguer , et lès autres princes du sang leur cèdent une lice dans • laquelle ils ne paraissent plus assez pûissâns pour se ■présenter. . ■ ‘ ‘ ^ ‘

^ L’une de ces deux" branches, est 'celle des princes de Twer; l’autre , celle des. princes de Moscoiil ^ • Les’ princes de Twer (vers jSoo) venaient d’entrer .en possession de. la Grande-principauté de Vladimir ; elle leur était échue *par ordre de sucscession^ ils résidaient à Tvver* Si l’on réfléchit à 1î^ . . position de Moscou .entre Twer et Vladimir, et à.l’inconstance des Novgorodiens , on sentipa pQUi'7 • quoi l(^s Qijands-princes de Twer ne*purent guèrê étendre lem* pouvoir au-ddà, de leur, patrimoine. " En* effet, le prinœ de Moscou, rival du, Grahd- ■ prince de Twer ^ar la position ‘de son apanage, 'et pouvant intercepter toute Volaununication entre Twer' et Vladimir, n’avait^ qu’à’ séduire Novgorod.

. pour réduire le Qrand^^princo'à la yille de Twer, où il résidait : ce fut qe*qui arriva.

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LIVRE Ifl — CHAPITRE .IV. ni PourUint Moscou, plus faillie, devait succomlier; mais Tun de ses princes, loury', épousa en t5i3 la sœur d’Usbeek-klian. Ce fut alors que Mikhaïl de Twer, après s’être attiré la Iiaine des Novgorodicns, en s^obslinant à les soumettre par lesTatars, amassa sur sa tête toute la colèi’c d’Usbcck, en battant loury, et en faisant prisonniei’s sa femme, soeur du khan, et Kavgadi, général tatar, qui vcuait jwur mettre le prince de Moscou en possession de la Grande-principauté.

Car Usbeck, après avoir pi’éféré et appuyé les droits de Mikhaïl de Twer à celtg Grande-principauté de NHadimir, s’était retourne vers loury , de Moscou, devenu son beau- fi-ère. Toutefois, lé couiTOux d’Usbeck restait -suspendu , quand sa soeur, femme d’ loury e|, prisonnière de Mlkltaïl, mopiiit ^ Twer. Aussitôt loury court h la horde; il accuse Mikhaïl d’avoir eiïïpoisoiiué cette princesse. L’orgueil luunilié. d’üsliéck accueille cette noû’e calomnie; il confié à Kavgadi l’instiTiction de cette alTaire. Mikhaïl compaPaît;' le vaincirjuge son vainqueur, cpi’il fait massaçrer, et l’infâme lourj de Mo^ou .est nommé Grand-prince à sa place. ‘

Son triomphe fut court ; ■ accusé devant la horde de retenir Irf tribut du khan , il y rotourne , et meui't assassiné par le fils de sa victhne. '

Cette vengeànce rendit la Graudé-principauté k

' George.

la branche de Twcr, dans le prince Alexandre.*

' Elle y resta trois ans; mais alors, en iSab, cel insensé fait massacrer à Twer tous les Tatars. Aussitôt Usbeck donne au frère d’Ioury, à Iwan I", dit Kalita*, prince de Moscou , Vladimir et Nov- ’ gorod , dont la double possession marcpiait tou- , jours la Grande-principauté.

Cette concession forma , dans la main d’Iwan , mie masse dont Twer, aflàiblie, divisait mal l’ensemble. Aussi, avec cette puissance et les troupes , qu’Usbeck y ajouta, Iwan força-t-il bientôt tous Jes princes russes à se réunir sous ses ordres contre ; le prince de T wer ; lequel , apres diverses infortunes, fut exécuté avec son 'fils à la horde.

• . ‘ Ici commencent les deux cent soixante-dix ati- . nées du rcgn’c de la branche 'de Moscou. Cette pre- ' «'micre réunion des Russes, sous Iwan I", dit Kalita,'

. fait époque ; elle montre l’ascendant de ce seoond •

Grand-princè de Moscou 'Sur ses sujets, ascendant

qu’on^verra croître sous ses successeurs, et que, ,

d’abord, cétte* branche des Rurick dut surtout à . • "... - . . •« . , .

l’appui des Tatars, ^ * ' l.

Car un mot du jihan , décidant du trône,* celle, des deux. branches rivales de Moscou ët de Twer,, dont la politique fut la plus adi’oite et la plus suivie • ayec la. horde , dut'renipôrtèr.* Ce nê fut pas celle des princes de*^Twér. Eii effet , tantôt ils sollicitèrent la protection dès khans, tantôt ils coin-’

• Uu la Bourse. ■

hattirent; enfin, Ton a vu c[ue l’un d’eux ordonna le massacre des Tatars dans sa priiicipautë.

Les princes de Moscou agirent différemment ; ils détestaient, sans doute, autant (pie leurs rivaux le joug des khans ; mais ils sentirent (pi’avant de com- . battre les Tatars , il fallait avoir réuni les Russes , et (pi’on ne pouvait dompter les Russes et les réunir qu’avec le secours des Tatars. Ils épousèrent donc les filles des khans, montrèrent la plus grande soumission à la horde , et parurent tout dévoués à ses intérêts.

Or, cette politicpie , (pii , dès le commencement de l’invasion Mongole , avait valu l’empire de toute la Russie à Alexandre Newsky, la soumit plus entièrement à Iwan I" soixante-ipiato'rze ans après^ car le pouvoir des Tatars était alors plus reœnnu ; les Russes étaient plus dociles à leur joug; les villes, (pii faisaient la Grafide-principauté , plus puissantes par elles-mêmes, et par comparaison avec le reste de la Russie , (pii s’épuisait de plus en plus.

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