‹ Histoire de Russie et de PierreleGrand, par m. le général comte de Ségur, auteur de l'Histoire de Napoléon et de La Grande Armée, pendant l'année 1812Chapitre 79 sur 332 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Quatrième période, de 1462 à i6i3.

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l’esprit de l’histoire de toute cette quatrième jîèriode, celle du despotisme, est tout entier dans son premier règne, celui d’iwan III. Ce prince monta sur le trône en 1462, à l’âge de vingt-deux ans; il régna tpiarante-trois ans. Les trois règnes suivans oflrent la continuation, l’horrible abus du système de cet Iwan III, et la chute de sa race, eÜèt de ce système, qui lui-même n’était que le développement de celui de ses ancêtres.

La vie d’I\\an-le-Grand , comme toutes les grandes vies, eut mi but unique, l’autocratie ;'ce fut en lui l’une de ces passions fortes, exclusives, mais sans la témérité, le désordre, la violence (pii leur sont , propres. Dès l’âge de vingt-trois ans, il en sut régler la marche, l’assujettir à la lente prudence d’une' politi(pic h la fois insidieuse jusipi’ù la perfidie, circonspecte jusqu’à la lâcheté, mais invariable.

Iwan III veut être indépendant au-deliors, autocrate au-dedans, il a donc un grand nombre d’adversaires dans ses voisins et ses sujets; mais il saura réunii’, tour à tour, tous ces ennemis contre *

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un seul, et ainsi les subjuguer successivement les uns par les autres.

Ce qu’il lui faut dompter, c'est Kasan et la horde dorée, dont il est encore tributaire; les grandes communes ou les républiques russes de Novgorod, Pskof et Viatka , qui affectent une souveraineté presque égale à la sienne; enfin, les princes ses parons , fiei s de ce qui leur reste d’apanages, où ils veulent encore vivre en maîtres. En même temps il doit contenir la Lithuanie, tpai, toujours prête, oflre à toutes ces ambitions ennemies , de républiques et de princes apanagés, une suzeraineté protectrice , rivale depuis long-temps heureuse de celle de Moscou , qu’elle a su resserrer à l’ouest , au sud , au nord même , en lui débauchant successivement ses grands vassaux.

Voilà ses adversaires. Quant à ses alliés, chez lui, jl se servira des nobles, des princes, et de ses sujets du sud et du centre de la Russie, dès long-temps faits à l’esclavage, contre ses sujets du nord encore libres ; puis , des nobles et de ses anciens et nouveaux esclaves , contre les princes de son sang. Enfin, sa toute-puissance lut suffira contre ses Boyards eux-mêmes , dont il n’aura plus besoin , et qu’il ne craindra plus , après l’abaissement de ses autres ennemis et la création d’une foule de petits nobles, ses vassaux directs.

1 Quant à la horde dorée et à la Lithuanie , ses adversaires du dehors, il leur cherchera des enne-

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