‹ Histoire de Russie et de PierreleGrand, par m. le général comte de Ségur, auteur de l'Histoire de Napoléon et de La Grande Armée, pendant l'année 1812Chapitre 80 sur 332 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

mis en Fei-se, en Suède, en Honeirie, a Vitiiine , a Home même; mais le célèl)re Étienne , hosi>odaide Moldavie, et Mensjldi-Gliirey, khan de Crimée, placés entre la horde dorée, la Turquie et la Lithuanie , ({u’ils redoutent , sont les ennemis de ses ennemis, \oila donc ses allies naturels, ceux fpi’il distinguera entre tous; sou machiavélisme, en les trompant sans cesse , saura les conserver à la Russie et les tenir en guerre pei-pi'tuelle «mtre la Lithuanie, jusqu’à ee (ju’il trouve 1 instant favorable pmu’ la frapper à son tour.

Tels sont les alliés et les adversaires d’iwan III : son règne commence , et d’abord il l’cconnaît tous ces droits , il Halte tous ces pouvoirs ennemis (juM veut tlétmire ; il caresse toutes leurs prétentions,

■ il en soutire même patiemment tous les abus.

Toutefois , dès son avènement , la quadi uple lutte qu’il doit soutenir contre les Lithuaniens, les princes apaiiagés , les républiques laisses et les Tatars, commence par ceux-ci; mais remaïquez avec (piellcs précautions! S’il ne paie point /c Irihut du khan, s’il ne va point jnsipi’à ses pieds yj amasser sa couronne, ne croyez pas que son jeuue orgueil ait rejeté lièremenl ces honteuses nécessités qu’iin barbare à demi vaincu lui impiise. ^ipn, il lésa seulement éludées; et, en retenant lurtivemenl le tri,but, il s’est humlilement rcconun pour tributaire.

Bientôt les. lésidtais tatars, leur suit»;, leurs marehand.s, encore établis jus<|ueilan8 l#i Kix’iiiUu ,

i5a LIVRE IV.

cil seront entiu exclus. Qui ne s’attend ji ce (|u’uti airranchissemeut si désiré ne soit, dans un puissant souverain , l’eflTet d’un noble mouvement d’indi- . f^nalion? Mais, tout au contraire, c’est par d’insidieux prétextes, et en achetant bassement la pro- Icclion d’une femme; tatarc, que le Gi-and-prince aura dérobé au khan l’oixlre que ces Mongols ne * soient plus établis en maitres jusque- dans sa deme'ure. -,

Plus tard , tout ce qu’obtient de cet autocrate la fierté de son épouse, fille de l’empereur de Byzance, c’est qu’il évite d’aller au-devant de l’envoyé mongol , qu’il ne s’abaisse plus à étendre , sous les pieds du cheval de ce barbare, un tapis de martre; qu’il n’aille pas se prosterner à ses pieds : c’est encore qu’il refuse d’écouter, à -genoux, la lectm-e des letti es du khan ; c’est , enfin , qu’il ne se soumette plus h présenter à l’envoyé de son maître la coupe *<16 Koumys, et à lécher honteusement , sur le col du cheval du barbare , les gouttes de breuvage qu’il y*laijise tomber.

Et jxmrtant, dès les premières années de son règne, l’ancienne Bulgarie, la première, la plus grande ville tatare, Kasan enfin, est soumise à ses . armes; bien. plus, .avant ce ti'iomphe et depiis , la horde dorée, qui trois fois s’est levée tout entière cüu^iie lui,, est trois fois i-elombée, et ses -lestes, po^'si^vis avec acharnemeut, sont enfin (féti-ui^jiilQue dàiïs leut- repaire. , ^ '

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