‹ Histoire de Russie et de PierreleGrand, par m. le général comte de Ségur, auteur de l'Histoire de Napoléon et de La Grande Armée, pendant l'année 1812Chapitre 8 sur 332 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

toute de trahisons, de bassesses et de perfidie, entre la branche des princes de Twer et celle des princes de Moscou. Mais en iSaS, la Grande-principauté reste à ceux-ci dans la main d’Iwan I", dit Kalita.

Ce prince est remarquable parce qu’en lui recommence , premièrement, la réunion des apanages à la Grande-principauté de Moscou, devenue capitale ; deuxièmement , le ralliement des princes apanagés autoxir du Grand-prince ; troisièmement , le rétablissement de la succession directe ; enfin , un système de concentration de pouvoir, qui doit un jour relever l’empire russe , et en faire cette masse effrayante que nous voyons aujourd’hui.

Cette succession directe et ce système ne s’inteiTompront un instant, que pour renaître en i362, dans le grand Dmitry Donskoy, premier vainqueim des Tatars, pour se transmettre à ses fils et petit-fils, les deux Vassili; enfin, pour produire, un siècle après, en 1462, l’autocratie incontestée' d’Iwan III.

C’est en 1 462 , et dans ce grand Iwan , que commence la quatrième période russe; elle finira en 161 3, et n’aura duré que cent cinquante -trois ans.

Les républiques russes du nord et les Tatars succombent devant sa puissance , qu’il emploie toujoui’s à propos, avec mesure , progressivement , et avec une machiavélique habileté. Peu h peu, la

fliaîne dont les Talars écrasaient les Russes, a passé tout entière dans les mains de ce Grand-prince, qui en enserre, les uns par les autres, les vainqueurs et les vaincus, l’étend sur tous, et reste seul maître absolu.

Son petit-fils Iwan IV, grand dans le crime, po^usse à l’excès la concenti-ation de ce pouvoir, daus'lefpicl tout s’engloutit, raœm-s, moralité, patriotisme , et le peu de privilèges qu’avait , ou conservé ou actpiis, la noblesse russe, sous Iwan III, en le servant contre les princes apanagés, les républiques russes et les Tatare. Ce furieux tue jusqu’au seul de ses deux fils capable de supporter cette lourde couronne : aussi passe-t-elle , dès son successeur, sur la tète du descendant d’un Tatar, son<perfide ministre, qu’elle écrase, ainsi que tons' eeqx .des Russes , Polonais ou Suédois qui osè^.s’en saisir ou y prétendre après lui.

pe dèspotisme insctisé s’est donc tué lui-même. Il a livré l’état démoralisé aux invasions de l’Occident , de même tpie la discorde l’avait, trois sièeles et demi plus tôt, ouvert à celles de l’Orient. C(; résultat pareil de deux excès opposés , dui’e quinze ans ; et l’Empire en dissolution semble devoir finir ;ivec sa quatrième période.

Mais alors, l’élection d’une nouvelle dynastie le renouvelle : les Romanof montent au trône en i6i5. Avec eux commence la cinquième gi~ande période de l’histoire laisse ; c’est la plus éclatante :

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