CHAPITRE II
olle brillerait dès le milieu du dix-septième siècle, de l’éclat du règne d’Alexis , digne père de Pierrele-Grand, s’il n’était éclipsé par ce colosse.
Ainsi, pour nous guider juscpi’à ce grand homme au travers de l’obscurité de ces huit siècles, si le partage des temps en cinq grandes divisions, et celui des hommes en deux dynasties, ne suflisent pas, douze princes grands ou remarquables, tels ([ue douze sommités, douze lueurs plus ou moins brillantes, en éclairant et fixant nos regards, serviront encore à les diriger.
Uans la première période, de fondation , .de gloire et d’agrandissement, ce sera Iiurick’\e fondateur! Oleg le confpiérant ! Olga l’administratrice ! f- ladimir le chi*étien ! laroslaf le législateur !
Dans la seconde, toute de discordes, le Valeureux et vertueux Vladimir Monomaque et Àndré le politirpie !
Dans la troisième , toute d’asservissement , le victorieux , le dévoué saint Alexandre Newsky I l’habile Iwan V' et Dmitry Donskoy , premier vainfpieur des Tatars ! ■
Enfin, dans la quatrième, celle de l’affranchissement et du despotisme , Iwan III l’autocrate et Iwan IV le terrible !
Mais , en outre de ces douze lumières , de ces utiles fanaux , on a dû apercevoir d’autres points de repère, des points géogi-aphiques, qui peuvent
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encore servir au classement de nos observations , et à l’analyse de cette énorme masse d’histoire.
En effet , nous avons remai’qué cjue cet empire en est à sa cinquième capitale ; qu’en 862 , le génie contpiérant de Ilurick plaça la première dans Novgorod; que le génie plus grand encore d’Oleg, l’avidité , l’attrait d’un climat plus doux , celui des richesses, des lumières et du bien-être de la civilisation gi'ccque, fixèrent dès 882, au midi et dans Kief, la seconde; qu’en 1167, les discordes intestines , les agressions des Polonais à l’ouest , celles des nomades au sud , et la politique d’André , reportèrent la troisième , vers l’est , à Vladimir ; que la quatrième et la plus centrale, la grande Moscou, celle qui devait réunir à elle tout l’empire, s’éleva en 1 528 , et soumit les trois autres par le machiavélisme d’Iom’y, par l’habileté d’iwan Kalita , ses premTers princes , et par sa position entre la troisième, Vladimir, et la première, Novgorod la grande , qu’elle désunissait ; cpi’enfin , vers i yoS , le génie de la civilisation alla porter la cinquième, à la frontière du nord , à la naissance du golfe de Finlande, précisément sur ce même rivage, d’où le barbare Rurick, créateur de cet empire, était parti huit cent quarante ans plus tôt pour le fonder.