CHAPITRE
t|uoi consiste tout son g<^nie au milieu de deux cent mille guerriers , Iwan se croit sans force; axant d’avoir combattu , il se juge sans ressource ; et cpiand la glace d’un hiver prématur(^ ellàce le fleuve qui sert de barrière (aiti’c les deux armées, il s’épouvante, il vêtit reculer, et ne sait que fiiir en déroute.
Voilà, sans doute, un tyran «lépouillé de tout son prestige, réduit à sa valeur intriusècpic , et que cette honteuse nudité va livrer au mépris, de son peuple tpi’il abandonne. Eh bien non , ipehpie bas qu’il soit tombé , l’inÿuense intem'alle (pii le sépare de ce peuple , el meme de ses grands , n’eat point parcoimi : ce. demi-dieu ne touche point encore à la terre ; on respecte encore en lui toute sa race , tant de puissance innée ! Quel Moscovite oserait concevoir tpi’on pût se passer de^ce fils- de Rurick, de ce descmdant de Saint-Vladimbf ! Quelfpie lâch<‘ que soit l’âme de ce prince, c’est la seule dont il semble que la Russie puisse être animée : on dirait (pi’elle est la conditiou exclusive de son existence , et cpe ce giand coi-ps O’y peut renoncej' sans -suicide.
Un tel asservissement paraît prodigMUr ; et pourtant il va croître encore ! Cçtt<\ioi si robuste , si învétéi'ée , un miracle la récompélisc ! A l’instant même où la Russie éperdue se^croit retombée pour jamais dans les chaînes tatares, tout à roup çllo apprend «u’une-tneme terreur' vient de dissiper
l’armée de ses féroces dominateurs ; que pendant rhiaelion preméditée d’Iwan , son lieutenant de Swéni"orod «t scs alliés marchaient ; tpie Tun, le «•z*-ewitz de Crimée , réuni à ce voiévode , venait , en attacpiant la horde dorée dans sa capitale , d’y rfippeler cette armée si menaçante j tandis que les autres , iin hetman de cosacpies et le mourza des Noijais, placés îmr le chemin de ces Mongols, allaient, en les sm’prenant au milieu de leur retour désortlonné , les anéantir.
Dès-lors, loüt estexplicpié. hvanavait tout préparé, tout prévu ! l*rovidencé^e son peuple, .sa pusillanimité était-sagesse; sa lAohet?, pruilence; sa fuite, habileté. Il a fbnlu cpie ses ennemis se détruisissent eux sculsf sanfe ris^pierj comme' Dmit/y Donskoï , la*Bussie^ans une bataille, il l’a délivrée par une diversion^ en dépk d’elhvméme efrpour jamais, du* jdug asiaitique ; l’heure, le licu,'*toùt était marrpié ! Placé'5 comme la Divinité, hors de portée’ de ceux < ju’il protégeait. , il a .su méprisée leur mépris même , elp .sans sV mouvob' des ’élameui'? des siens , attendrie qnc les temps fussent accomplis, ^
Voilà conune le temps , la fortune et Meughli- Ghireivfht assux'é le triomplie d’Iwan slïr ses premiers adver.saii'es,* mais son jtonheni' est* sans chi- * vrement. IÇlirvcbu *à ,9Ôn but i il ne chidai^fc' pas ^ les mojgns qui l’y ont /ait parvenir. S^l^^otine en maître des souverains à HatÉn M' les éboisit > dans la famille ce khan 4e'€|(mée, .son allié