CHAPITRE I
le khan de Crimée, ne songe <fu’à sa propre conservation; lorsrpi'enfin la Russie' entière , ardente et tout armée, marche fièrement jusque sui’ 1 Oka-, au-devant des Tatars, lui seul se décourage! il se croit vaincu. Il eflraie la capitale de la fuite de -la czarine, qu’il envoie se réfugier au loin dans le Nord. 11 s’aiTête à l’approche de l’ennemi ; il hésite, abandonne enfin son armée, et va jusque dans Moscou cacher son épouvante : il y rappelle. même son fils. Au moment de tout penlre, il semble ne vouloir rien exposer de ce cpii toucheà sa personne.
Mais les prêtres, le peuple, ce fils lui-même, indignes, éclatent en murmures. : Pourquoi les a-t-il surchargés d’impôts sans payer au khan son tribut ; et lorsqu’il a attiré l’ennemi au sein de la patrie, pourquoi rejuse^t^il de combattre pour elle? Il vient, dit-il, demander aux évêques et aux boyai-ds leui' avis; mais ceux-ei lui l’épondent' : Convient- il aux mortels de redouter la mort ! On veut en vain fuir sa destinée. ; marchez courageusement à l’ennemi , voilà notre conseil ! '
Quant à son fils , loin de lui obéir , il s’écrie : Qu’il attendra les Tatars de pied ferme; qu il préfère mourir à son poste plutôt que dinuter l’exemple de son père.
Ainsi repoussé par la clamem' généiale vers son
■ Par la bouche de Yassian, ai clievêqu<! de Uoslof. F . Karamsin, vol. VI, page i83.
LfVRE iV.
armée, le pusillanime autocrate y revient glacer toutes les ardeurs; une seule peur enchaîne tous ces courages. Moscou apprend que sou souverain , Iremltlaut derrière un fleuve* qui le sépare du danger, marchande un reste de honte, qu’il négocie son déshonuc'ur ! Peut-être va-t-il s’abaisser avec la Russie jusqti’à baiser l’étrier du Mongol ! Alors : ' ’
Touché par nos larmes , lui crie le métropolite ,
■vous étiez repar ti pour combattre l’ennemi des chrétiens , et vous implorez la paix de cet impie qui méprise votre prière! Ah! Seigneur, à quel avis prêtez-vous donc l’oreille ? N’est-ce pas jeter votre bouclier et prendre honteusement la fuite?
De quel degré de grandeur descendriez-vous ?
V üulez-vous livrer la Russie au fer, à la flamme , et les églises au pillage? Et où fuiriez^ous ? Planerez-vous comme l'aigle ? Irez-vous établir votre nid au milieu des étoiles? Le Seigneur vous précipiterait de cet asile même! Non, vous ne nous abandonnerez pas ; vous rougirez du nom de fuyard et de traître à la patrie !
Mais rien, ni ces vives exhortations, ni les nouveaux renforts (jui accomnit de toutes parts, ni risolc'inent de sou énnemi que le prince lithuanien ne peut seconder, rien eiiün u’esl parvenu à émouvoir la plus gl ande des personnalités , l’égoïsme autocratique ! Désarmé de son machiavélisme, eu
‘ Iæ Lougni. . • ' ■ w