‹ Histoire de Russie et de PierreleGrand, par m. le général comte de Ségur, auteur de l'Histoire de Napoléon et de La Grande Armée, pendant l'année 1812Chapitre 85 sur 332 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

lignait sur tout le nord de la Russie, dont elle avait le eommerce exelusif, et f[u’elle devait défendre contre les Suédois , les chevaliers livoniens et la Lithuanie. Mais depuis Iwan Kalita, perdue de luxe, elle avait plus souvent racheté que défendu scs frontières et ses liliertcs. Dc^à ([uelques unes de celles-ci lui étaient échappées. Mais, en 1471 J s’enhardissant de la pusillanimité pixisumcc du Grand-prince, elle prétend les ressaisir. Marpha l’excite. Cette riche et puissante veuve d’un Posadnick, aime, dit-on, un Lithuanien. 11 lui plairait de donner sa patrie à celle de son amant.. C’est ime ambitieuse; de ces ambitions de femmes, dont les passions s’agitent pres(|ue toujours au profit d’un homme ; comme si les femmes, rayons d’un auti'e centre, complément d’un autre sexe, ne devaient vivre qu’en lui, la personnalité étant interdite à leur nature.

Celle-ci ouvre son palais, prodigue scs trésors aux citoyens de Novgorod, que les sons chéris de leur veldwoi-kolokol ' appellent sans cesse sur la place publkpie, où règne leur licence. Ils out déjà chassé les officiers du Grand-prince ; ils sc sont empares de ses domaines, et quaud la soumission de Kasan penuet à Iwaii de se retpurner vers Novgorod, et d’y làiriî .entendre une voix menaçante, ils éclatent, se .soidèveut , et se donnent»,- par^uu

traité à Casimii’, prince de Lithuanip ^ CI()oh?7l® ’* ••,5.' »

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C’est ici, qu’au travers de ses autres affaires avec les Tatars , la Suède , la Livonie , Pskof et les princes ses païens, il est curieux de suivre la marche politicpied’lwan contre cette redoutable république. Observons surtout cette volonté ir la fois forte et llexible; exaltée dans son but, en même temps que froide et persévérante dans ses moyens; s’aidant tantôt d’humilité et de machiavélisme, tantôt d’orgueil et de teiTeur , mais aussi de patience , de bonté , de généiusité ; ce cpii , avec les fautes de ses adversaires et les nécessités des temps , donne à l’élablissement de la tyrannie d’Iwan 111, une apparence , une sorte de modération , et même d’utilité publique.

Se faisant des alliés de tout, il a su armer, contre la démagogie de Novgorod, 1 orgueil des nobles; conti-e son excessive opulence, l’avidité des princes encore apanagés; contre sa trahison et son apostasie, le fanatisme des peuples; et Novgorod, attaquée par trois armées, que suivent des nuées de pillards , résiste opiniâtrément au-dedans , lâchement au-dehors, et succombe.

Iwan alïècte une modération qu’il juge encore indispensable. Trop peu affermi contre ses ambitieux parens, pour se saisir d’une si grande proie sans la partager avec eux , il semble se contenter d’mie rançon et de la restitution de quelques domaines ; mais il a ruiné Novgorod par la dévastaûon et le pillage ; mais , dans l’acte de soumission

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