‹ Histoire de Russie et de PierreleGrand, par m. le général comte de Ségur, auteur de l'Histoire de Napoléon et de La Grande Armée, pendant l'année 1812Chapitre 93 sur 332 · CHAPITRE Hl · texte numérisé non relu

CHAPITRE Hl

sans défiance ; il se livrait , près du Grand-prince , à la douceur d’épanchemens qui lui semblaient réciprofpies, cpiand tout à coup on l’arrête, on le charge de chaînes, sous le poids desquelles il meurt, sans autre vengeance que les remords de son meurtrier ; remords tardifs , cpi’un synode d’évéques étouffe par une inique et lâche absolution.

Mais enfin , l’hydre féodale est vaincue ; tous oea princes du même sang qu’Iwan j et qu en montant au trône il a trouvés presque aussi souverains que lui, sont ou expatriés, ou morts, ou tellement soumis , qu’ils ne prétendent plus qu’à l’honneur d’être ses serviteurs les plus empressés. Ils ont été com-bés d’mie main si puissante , que depuis , con-

fondus dans la haute noblesse , nul d eux n osera même rappeler leur commune origine avec l«ir

superbe dominateur.

, CHAPITRE IV

Jusqu’ici, Tatars, républiques russes, priuces .Ipanagés, au-dehors comme au-dcdans, tout a fléchi ; mais Iwan ii’a remporté cè triple avantage qu’on dépit des efforts de Casimir de Pologne,

, l’allié constant de tous ses ennemis.

Pendant trente années, cette fpiatrième lutte n’a consisté qu’en une guen-e de diplomatie et d’embauchage, où chacun, attirant à lui les siqcts mécontens de son' adversaire, et se faisant soui'deraeut protecteur de leurs révoltes , n’a attacpié son ennemi (pi’indirectemeut, et • comme à coups d’alliés. I ^

Poui’ Casimir, ce sont tantôt ‘les chevalièi’s livoniens , tantôt' la horde dorée , et sans cesse les petits princes et les républiipies russes, qu’il a excités ' contre le prince moscovite, et dont il a compromis et terminé l’existence , en les abandoivnant, à l’instant du danger, à leurs propres forces. Pour le prince ru.sse, bien plus habili^, c’csfle célèbre Étienne , premier hospodar de; Moldavie , qu’il s’attache par un mariage; c’esfe'ucore Mathias Corvin, roi dé Hongrie; Maximilien d’Autriche, et surtout Menghli-Ghirey, ce khan dé Crimée dont il sut , nlalgré tant d’infidélités , se' foire un allié si fidèle.

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CnAPITRE IV.

Dans cette guerre de deux princes embarrass«’s par les ennemis cpi’ils se suscitent mutuellement, et par des sujets indociles, Iwan a tout l’avantage. D(^jà, vers 1493» Ips petites principaut<^s , d(^tacliées de la Russie par Vitovt, y rentrent successivement. Les premières attirent ou contraignent les autres, sans <pie le circonspect Iwan pjiraisse se mêler de ce mouvement féodal.

Mais vers cette époque, Casimir meurt; le faible * Alexandre lui succède, mais seulement en Lithuanie ; ce duché se sépare de la Pologne , le pouvoir s’y dissémine de plus en plus , quand dans Moscou il se centralise : alors le machiavélique autocrate se déclare. Voilà, comme dans ses trois autres luttes, l’instant depuis si long-temps préparé , celui où le succès est devenu presque infaillible, où tout sui^ abonde pour éclater ; il marche donc à découvert , à force ouverte, mais dans une telle proportion qu’il a moins à combattre qu’à écraser.

Et pourtant, il n’achève point encore : là, comme ailleurs , et quoicpie tout anné , il s’arrête devant l’apparence d’une bataille. S’il proGte de l’immensité de ses armemens , des puissantes diversions du khan de Crimée , de l’agre.ssion simullanée de l’hospodar de Moldavie, et de la faiblesse d’Alexandre , cju’abandonnent ses fières , c’est sans oser frapper un coup décisif ; il préfère tout attendre de son ennemi, s’allier à toutes ses fautes, et l’amc-

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