CHAPITRE V
mëe.dans son enceinte, cpie trois fois leurs architectes moscovites avaient essayé de construire, et tpii trois fois était retombée sur ces ouvriers inhabiles.
Car Iwan ne néglige rien ; des fondeurs , des ingénieurs, des architectes, des mineurs, des monnoyeims, appelés d’Allemagne et d’Italie, osent, sur les pas d’une princesse civilisée , pénétrer dans ces contrées prescpie inconnues. Les mines de la Petchora se décou\Tent; la Russie voit, pour la première fois , une monnaie d’argent et de cuivre frappée dans sa capitale.
Qu’on imagine tout ce cpi’alors dut avoir d’imposant un trône d’un exhaussement si prodigieux , que la religion elle-même , partout ailleurs si dominante, lui servait de support; et dont le sommet, commençant à sortir de cette nuit épaisse où croupissaient tous ces peuples, point lumineux dans ces ténèbres , brillait à leurs yeux émerveillés de l’éclat des cérémonies religieuses et civiles les plus pompeuses , et des premiers rayons de la civilisation européenne.
Remarquez avec quel soin , ce Louis XIV de la barbarie, profite de ces avantages. Proclamant son droit divin , c’est du milieu de cette pompe tpi’on l’entend s’écrier : La haute et sainte Trinité, dont nous avons reçu le gouvernement de toute laRussie; et qu’il se fait répondre , par l’interprète de cette même Trinité : L’empire que vous tenez de Dieu lui-même.
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üès-loi's, que les répulilicaius de Pskof osent cotmnunitpier avec lui autrement (jue par une respectueuse ambassade , au.ssitôt il les épouvante de son indignation, et ne se laisse apaiser qu’après les avoir tenus assez long-temps courbés sous le poids de sa colère, pour être sûr cpi’ils ne se relèveront plus de ce pli de bassesse, si longuement et si fortement imprimé.
C’est ainsi qu’aux yeux des siens, il n’accorde sa protection aux chevaliers livoniens que lorsque , au lieu de pi’ier, ils supplient. Dans ses instructions diplomatifpies , on reconnaît la fière susceptibilité d’un prince cpii veut s’allier aux cours éclairées de l’Europe, mais ave£ toutes les précautions de l’orgueil le plus irritable ; il semble craindre c{ue la civilisation eui'opéemie ne le traite de parvenu, de barbare d’Orient , de tributaire d’une hoixle.
C’est pourquoi , lui , qu’on a vu s’instruire avec tant de soin de la politique de l’Europe, et attacher un si grand prix à mettre son trône en contact avec les autres trônes , c’est lui rpi’on voit refuser, et même chasser de sa présence, pour une simple omission de formalités , l’envoyé d’Autriche ; il force l’Empereur de traiter avec lui d’égal à égal; si l’on en croit ses sujets, il a même refusé sa fille au roi des Romains, Vienne n’ayant pas consenti à toutes les concessions qu’il exige.
Quant au margrave de Bade, runion de sa fille avec ce prince allemand, lui semble une mésal-
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