Histoire de Ruy-Blas
Ruy-Blas fut représenté pour la première fois le 8 novembre 1838 sur le théâtre de la Renaissance. Victor Hugo avait alors trente-six ans, et imposait déjà sa gloire — l'homme sublime remplaçait l'enfant sublime.
La pièce, distribuée ainsi, eût une cinquantaine de représentations :
Ruy-Blas MM. Frédérick-Lemaitro
DonSalluste de Bazan Alexandre Mauzin
Don César Saint-Firmin
Do7i Gu7nta7i Féréol
Camporéal Montdidier
Le marquis de S antii Cruz Hcillard
Le marquis del Basto
Fresne
Don Manuel Arias
Hector
Montazgo
Julien
Don Antonio Ubilla
Felgines
Covadenga
Victor
Gudiel
Alfred
Dona Maria de Neuboiwg
M'""^ L. Beaudoin
La duchesse
Moutin
Casilda
Mareuil.
Joué par les artistes en société à l'Ambigu, Ruy^BlciS fut repris d'une façon suivie à la Porte- Saint-Martin le 11 août 1841, pour la rentrée de Fréderick-Lemaitre.
La nouvelle distribution était celle-ci, d'après VEntr'acte :
Ruy-Blas
MM. Fréderick-Lemaitre
Don Salluste
Jemma
Don César
Raucourt
Guritan
Nestor
Camporéal
Perrin
Santa Cruz
Herel
Del Basto
Danglade
Comte d'Albe
Alexandre
De Priego
Àllan
Manuel Arias
Ogez
Montazgo
Auguste
Uhilla
Vautier
Covadenga
Mari us
Gudiel
Tassin
La reine
M"'^^ J. Rey
La duchesse
Dubois
Casilda
Léonide
En 18G7, FEmpirc refusa au directeur de rOdéon, M. de Chilly, l'autorisation de représenter un drame où un laquais mettait la pourpre royale en lambeaux. 1872 vengea 1867, et Victor Hugo, le 19 février, écrivait ces vers, à l'occasion de la reprise de son chef-d'œuvre sur notre seconde scène :
Qui donc a dit : la France tombe ?
Demain, on verra tout-à-coup La grande pierre de sa tombe Se lever lentement debout.
Le 19 février 1872 les interprètes du drame de Hugo étaient: Lafontaine, dans le rôle de Ruy- Blas; Geffroy, Mélingue et Talien, dans ceux de don Salluste, don César et don Guritan ; Sarah Bernhardt jouait la reine et E. Broisat, Casilda, madame Ramelli, la duchesse.
L'année 1879 restera fameuse par l'entrée triomphale de Ruy-Blas à la Comédie-Française.
Maintenant que nous avons dessiné les étapes,
nous allons les parcourir, en nous servant des journaux de l'époque pour guides. — Et d'abord, comme il est de quelque intérêt de connaître le milieu où éclatèrent soudain tant d'admirations et de critiques jalouses, nous estimons qu'un rapide coup d'œil, jeté sur les théâtres et les journaux de 1838, ne sera pas déplacé en tête de cette résurrection du passé.
HISTOIRE DE flUY-BLAS