ENQUETE FAVORABLE
lira pas un mot de plainte ni de blâme à l'égard des calomniateurs. Le digne supérieur fut prié d'énoncer tous ses griefs contre M. Compagnon et de présenter lui-même sa défense. Avec une humilité qui toucha profondément l'enquêteur, M. de la Salle répondit qu'il n'avait point examiné la conduite de M. Compagnon, qu'il souhaitait seulement qu'on lui fît connaître les défauts de son administration et qu'on lui donnât les avis propres à les corriger.
A ce signe de vertu sincère. M. de Forbin-Janson reconnut l'innocence de l'accusé. Il pénétra les sentiments de secrète antipathie qui avaient inspiré cette campagne de diffamation. Avec autant de sagacité que de justice, il ramena les sympathies de M. de la Barmondière aux humbles instituteurs de son école, et particulièrement à la personne de leur père. Le curé de Saint -Sulpice résolut même d'écarter la cause de la division. Mais il n'eut pas le temps d'exécuter son projet; car, sur ces entrefaites, il se démit de sa cure1 en faveur de M. Baudrand -.
Malgré ces ombres de passagère défiance, M. de la Barmondière est vénéré dans l'Institut des Frères. Par l'insistance qu'il mit dans l'appel des Frères pour ses
1 M. de la Barmondière résigna sa cure le 7 janvier 1689. Il était né à Villefranche , diocèse de Lyon, en 1631. Il fut professeur de théologie à Saint- Sulpice de 1664 à 1672, puis directeur à Limoges, il vint à la paroisse .en 1676. comme supérieur de la Communauté: en 1678, il succéda à M. Poussé comme curé. En 1689, accablé par les dettes (500 000 livres) contractées pour la construction de l'église, et atteint dune maladie grave, il donna sa démission. Revenu à la santé, il continua d'exercer son ministère à la paroisse jusqu'au 18 novembre 1604. « Il mourut plein de mérites et de bonnes œuvres, en odeur de grande piété. Cf. Grandet, Vies... Edition Letourneau, 1897, ->•■ série; Gosselin. Curés de Saint- Sulpice, ras. — 2 Henri Baudrand de la Combe naquit à Paris en 1637, se lit sulpicien en 1664, fut reçu docteur de Sorbonne en 1066. Il élaii directeur du séminaire de Saint- Sulpice, et non pas vicaire à la paroisse, lorsque M. de la Barmondière lui résigna sa cure en 1689. M. Baudrand céda sa cure à M. de la Chétardye en février 1696. et mourut le 10 octobre 1699. (Paroisse et curés de Saint- Sulpice, ms.)
écoles, il leur ouvrit les portes de Paris, et, par là, les portes de la France entière. Grâce à lui , l'œuvre de M. de la Salle cessa d'être diocésaine pour devenir nationale.
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