‹ Histoire de S. Jean-Baptiste de la SalleChapitre 116 sur 320 · DIFFICULTES DANS LE GOUVERNEMENT INTERIEUR DE I. INSTITUT · texte numérisé non relu

DIFFICULTES DANS LE GOUVERNEMENT INTERIEUR DE I. INSTITUT

MALADIES DU SAINT FONDATEUR. MORT DU FRÈRE HENRI l'hEUREUX

Pendant que M. de la Salle s'appliquait à défendre et a organiser ses écoles, le gouvernement de son Institut lui causait les plus graves soucis. Au moment où il était en droit d'espérer le succès , il vit son œuvre sur le point de périr. Il eut à déplorer de nombreuses défec-

1 Si nous rappelons, pour l'intérêl historique, ce qui concerne les corrections, nous devons ajouter que 1rs Frères <les Écoles chrétiennes onl renoncé à cet usage dès que l'évolution des idées a commence' ;'i se produire en France sur ce point. Depuis 1777, la Règle el la Conduite ne parlenl plus de verges ni de férules; ces corrections son! même défendues. — - Conduite..., p. 138-140.

tions de la part de ses Frères; et, jusqu'en 1692, les vides ne se comblèrent pas. Pour exposer la suite des nouvel 1< g preuves qu'il eut à traverser, il nous faut remonter au mois de février 1688.

A celle date, le vertueux fondateur quittait Reims pour aller implanter l'Institut à Paris. Il emmenait avec lui deux Frères des plus distingués, et il confiait aux soins de Henri L'Heureux les trois communautés de Reims. La communauté des Frères comptait seize sujets1; le séminaire des maîtres et le petit noviciat étaient très florissants.

En peu de temps, la bonne tenue des écoles sulpiciennes leur attira tant d'élèves, que deux maîtres ne sullirenl plus. Sur le conseil de M. de la Barmondière , le supérieur des Frères partit pour Reims, vers le mois de juillet KiSS2. pour y prendre de nouveaux Frères. C'esl alors sans doute qu'il prit Henri L'Heureux avec un autre Frère, et qu'il mil les communautés de Reims sous la conduite du frère Jean-Henry3.

Le frère Henri L'Heureux avait, à un degré exceptionnel, la confiance du fondateur; et il la méritait par son éminente piélé. par la pénétration de son esprit et par la prudence de ses démarches. A peine fut-il arrivé à Paris, que M. de la Salle l'établit directeur de l'école de la rue Princesse*. Celle nomination, si justifiée pourtant, excita une telle jalousie dans le cœur des deux Frères qui étaient venus les premiers à Paris, qu'elle jeta le (rouble dans la petite communauté et abreuva d'amertume l'âme du vertueux supérieur.

1 Cf. Bi un, p. 312. — - Il faut bien mettre ce voyage en 1088. puisqu'il se lii à l'instigation de M. de la Barmondière, qui n'était plus curé six mois après. — ; Pour mettre le départ de Henri L'Heureux en 1688, nous fondons sur Bi \i>. p. 312, < pi i affirme que frère Jean-Henry était directeur de Reims en 1688, puisque ce fut celle année-là que, par sa faute, huil défections se produisirent. — ' Quoique les Mémoires ne disent pas que ce fut frère L'Heureux, il est impossible de supposer, croj i ms- nous . que ce fut un autre.

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