ÉCOLE SAINT -PLACIDE. — DÉPART DF. VAUGIRARD
Le 6 août 1695, l'archevêché de Paris était devenu vacant par la mort de François de Harlav. Après une vacance de douze jours seulement, Louis XIV en pour
1 Maillefer, p. Ils. — - Blain cile ce témoignage, t. Il, p. 352. — :' Cette lettre est dans Blain, t. II. p. 353. — ; <■ Virtus de illo exibal el sanabat omnes. » Luc, vi, 9.
vut Louis- Antoine de Noailles, évêque de Châlons-sur- Marne1. L'Institut des Frères avait eu les sympathies de François de Harlay, qui l'avait officiellement reconnu dans son diocèse; il trouva dans Louis-Antoine de Noailles un ami et un protecteur dévoue.
Louis-Antoine de Noailles se recommandait à la fois par sa piété, sa science et son désintéressement. Sa piété lui avait attiré l'estime particulière de M. Tronson. Sa science solide, puisée en Sorbonne, lui avait attaché le grand évèque de Meanx et l'avait désigné comme arbitre, dans l'affaire du quiétisme, entre Bossuet et Fénelon2. Son désintéressement était si connu, que la cour craignait qu'il ne refusai l'archevêché de Paris, et Mme de Mainlenon dut lui écrire pour triompher de sa modestie. Au milieu des querelles du jansénisme, qui divisèrent l'Eglise de France sous son épiscopat, il demeura peutêtre, au tond du cœur, très attaché à la foi romaine; mais, soit faiblesse de caractère, soit désir de la paix, il parut trop hésitant ;.
Son zèle le porta à faire, dès le commencement, la \isile de son diocèse. Il recueillit, dans toutes les paroisses, de vives doléances de la part des curés sur le grand nombre des chapelles domestiques. Les moindres bourgeois avaient leurs chapelles particulières. Il en résultait un grand dommage pour la vie paroissiale. Désertées par les riches, les églises n'étaient fréquentées que par le menu peuple : les offices religieux s'y faisaient sans solennité, l'entretien des édifices sacrés était fort néglige, les classes inférieures de la société étaient privées des exemples de foi des classes élevées. L'archevêque fut si frappé de cet abus, que, dans les
1 Louis -Antoine de Noailles ("1651-1729 . docteur de Sorbonne, né près d'Aurillac, morl à Paris, fui successivemeni évêque de Cahors et de Châlons, puis archevêque de Paris. - Dans les conférences d'Issy. — '■ Il se trouva embarrassé par L'approbation qu'il avait donnée aux Réflexions morales de Quesncl.