CHAPELLE OUVERTE AI' NOVICIAT
premiers jours de L'année I 697, il jeta l'interdit sur toutes les chapelles privées.
Cette mesure disciplinaire atteignait l'oratoire où, chaque matin. M. de la Salle célébrait la messe et communiait les Frères. Cet oratoire, situé dans une maison contigue au noviciat , avait pour sa communauté d'inappréciables avantages. Aussi l'ordonnance archiépiscopale le jeta- 1- elle dans une grande perplexité. Aller chaque jour, et plusieurs fois chaque dimanche, à l'église paroissiale, à travers des chemins difficiles et une population railleuse, c'était s'exposer à de graves inconvénients. C'est pourquoi il sollicita de l'archevêque la faveur d'ériger une chapelle dans son noviciat.
Mp de Xoailles le connaissait. A Chàlons, il avait appris les héroïques sacrifices et les courageuses entreprises du chanoine de Reims; à Paris, il n'avait pas vécu dans l'intimité de M. Tronson et de Paul Godet des Marais, sans entendre parler des merveilles de sainteté qui s'accomplissaient à Yaugirard. Il garda aussi, dans la suite, pour notre Saint la plus profonde estime ; car un jour qu'il faisait à Saint -Denis la visite canonique, il demanda aux Frères des nouvelles de leur supérieur, et il ajouta : « C'est un saint, je demande ses prières1. » Au mois de mars 1697, M. de la Salle fut accueilli avec bienveillance, et 1 archevêque épuisa pour lui toutes ses bontés. L'approbation de la communauté fut confirmée par écrit, et la permission d'ouvrir une chapelle authentiquement délivrée.
« Louis-Anthoine , par la miséricorde de Dieu et par la grâce du Saint-Siège apostolique, archevêque de Paris, duc de Saint-Cloud, pair de France, à nostre bien aymé messire Jean-Baptiste de la Salle , prestre du diocèse de Reims, salut et bénédiction. Nous vous donnons permission par ces présentes de célébrer, ou de faire célébrer
1 Bi ain. I. I. |». 349.
par des prostrés approuvés par Nous, le saint sacrifice de la messe, à voix basse, sur un autel portatif, dans la chapelle de vostre maison , située dans l'étendue de la paroisse de Vaugirard, proche Paris, dans laquelle vous vous appliquez avec soin, sous nostre authorité, à instruire et former des maistres de petites écoles , pourvu que ce soit dans un lieu décent et honneste, qui ait été visité par nostre authorité et trouvé propre au culte divin, sans cependant pouvoir y faire la bénédiction du pain et de L'eau, ou y administrer aucun sacrement, si ce n'est ceux de pénitence et d'eucharistie (excepté la communion paschale ) , ou y célébrer aucun autre office divin, laquelle permission vaudra seulement pour tout le temps que vous occuperez laditte maison avec lesdits maistres d'école l. »
Cet acte, daté du 27 mars 1()(.)7, déléguait le curé de Vaugirard pour bénir la chapelle2. Les Frères, heureux de cette autorisation, se hâtèrent de préparer un modeste oratoire; M. de la Salle y travailla lui-même avec activité. Mais le curé de Vaugirard, oubliant l'amitié qu'il avait pour M. de la Salle et la bienveillance qu'il portait aux Frères, fut choqué d'une permission qui le blessait dans ses droits curiaux, et se plaignit amèrement à l'humble supérieur de l'avoir sollicitée. Il ne manquait pas de raisons pour le faire renoncer au privilège obtenu : il lui représenta le scandale qu'une telle exception produirait dans la paroisse; les fidèles se trouveraient privés de l'édification (pie ses fervents novices pourraient donner; un homme aussi attaché que lui aux règles de l'Église ne devait pas priver les Frères des grâces spéciales attachées à La messe de paroisse, etc. etc.. Avant l'ordonnance archiépiscopale, le curé de Vaugirard ne s'était jamais
1 De cette pièce Inédite nous donnons une traduction ancienne, trouvée aux Archives des Frères. — - Le curé <lo Vaugirard ne bénit point hi chapelle, sans doute à cause de son mécontentement; Blain et M.wilefeb disent que ce fut un grand vicaire.