‹ Histoire de S. Jean-Baptiste de la SalleChapitre 18 sur 320 · LES LA SALLE DE REIMS XXXI · texte numérisé non relu

LES LA SALLE DE REIMS XXXI

les biens aux Sérigot *. Il n'est donc pas surprenant qu'on trouve des La Salle en Champagne, et même à Reims, dès le milieu du xive siècle -.

C'est à la descendance cadette d'Hortingo que doit se rattacher le rameau qui a donné saint Jean-Baptiste de la Salle. Ainsi pensait M. de la Salle, vicaire général de Vienne3, qui, après avoir compulsé les archives de Reims, alors fort en ordre, écrivait en 1787 : « Nos cadets de Reims viennent d'Hortingo, puiné de Bernard le Routier et son lieutenant, implanté en Champagne. Ils ont fait leurs preuves à Menault; ce sont les mêmes que les Ogny, éteints depuis longtemps4. j>

Il nous est impossible, présentement, de vérifier cette assertion, les papiers des La Salle de Reims ayant été détruits par la Révolution. Aucun document n'établit que les La Salle de Reims se rattachent d'une façon péremptoire aux branches authentiques des illustres Salla. Mais, à défaut de documents, nous avons des traditions respectables. Nous venons de citer le témoignage de Jean -Baptiste de la Salle, vicaire général de Vienne, qui avait vu et étiMié les archives de famille. La branche d'Auvergne, à laquelle il appartenait, a toujours reconnu sa parenté avec le rameau de Reims 3. La branche de Périgord, qui s'est éteinte en 1874 dans la personne de François de la Salle du Change 6, prêtre vénérable du diocèse de Périgueux , la reconnaît aussi. Né en 1775, très adonné aux études historiques, habile chercheur de documents, François de la Salle , après avoir fouillé les archives de famille ,

1 Du Pix de la Guékivière , Revue des questions héraldiques , 1n9" — "l M. Jadaht, art. de 1888, note de la p. 3, a fait observer qu'il y avait des La Salle à Reims dès le milieu du \i\c siècle. — 3 Issu de la branche d'Auvergne, né à Roehemaure en 1723 . il reçut le nom de Jean-Raptiste par la volonté expresse de son père, le comte Joseph, en souvenir du saint fondateur des Frères, son parent. Vers 1787, il visita ses parents de Reims, se fit évidemment rendre compte de leurs titres, et ce fut à la suite de leur visite qu'il écrivit la phrase citée. — 4 D'api-cs une copie de lettre, dans les papiers de M. de la Salle de Roehemaure. — 5 Nous avons cité, à la date de 1693 , le l'ail du secours que le comte de la Salle donna au fondateur des Livres alors en détresse. — '' Les notes volumineuses qu'il avait recueillies dan-- les archives des différentes branches des La Salle ont malheureusement été brûlées en grande partie en 1859.

écrit dans une note sur notre Saint : « Il vient comme nous de Bernard, et les Reims sont à même distance que nous et ceux de Val de Saint-Poney, et Fontcourbe '. » Ces traditions, corroborées par un bref récent de Léon XIII-, seront bientôt, espérons-le, confirmées par la publication de documents authentiques.

Quoi qu'il en soit de leur jonction avec les autres branches, les La Salle de Reims mettent en tête de leur généalogie 3 un Menault de la Salle, qui vivait à la fin du xve siècle. Était-ce un cadet descendant d'Hortingo parles Ogny? était-ce l'aîné d'un cadet d'Auvergne, marié à la iille d'un La Salle

1 D'après les papiers du duc de la Salle de Rochemaurc. Dans une lettre du 10 juin 1868, que nous avons sous les yeux, l'abbé de la Salle dit : » On a dû vous apprendre que le fondateur de cet intéressant Institut était l'abbé de la Salle, l'un de nos ancêtres..., ce qui m'a valu plusieurs lettres des généraux de cet ordre. » ( Aux archives du duc de la Salle. — 2 Nous ne saurions mieux faire que de citer les termes du Bref qui, à la date «lu 13 septembre 1899, conférait le titre de duc à M. de la Salle de Rochemaure : « Parmi les familles qui, par leurs nombreux services, ont bien mérité de la Religion et de la Patrie, nous distinguons à juste titre la maison de la Salle. Elle brilla d'abord en Espagne, au diocèse d'Urgel , auquel elle donna plusieurs pontifes, entre autres Tévêque saint Ermengaud, célèbre par ses miracles, que ce diocèse vénère encore aujourd'hui comme un céleste protecteur. Aux premières expéditions de Palestine, plusieurs vaillants guerriers de cette race, marqués de la Croix du Rédempteur, ont arraché son sépulcre à la domination des infidèles. Nos prédécesseurs eux-mêmes ont éprouvé les effets de leur courage et de leur foi, quand Eernard de la Salle, généralissime des années pontificales, après avoir mis en fuite les bordes ennemies, ramena en triomphe dans celte cité, reine du monde, Grégoire XI, île bienheureuse mémoire. Cette famille enfin, répandue en diverses provinces de la France, notamment en Auvergne et en Champagne, distinguée toujours dans ses représentants par la piété, l'éclat des hauts faits militaires, la constante fidélité d'une dévotion héréditaire à la chaire du bienheureux Pierre, donnait des abbés, des chanoines, des évêques, des religieux, des chevaliers et commandeurs d'ordres militaires, signalés par le courage et la sainteté. Entre toutes ces Ggures resplendit dans son pur éclat, gloire la plus haute de la maison de la Salle, celle du fondateur de l'Institut des Écoles chrétiennes, le bienheureux Jean-Baptiste de la Salle, que nous placerons bientôt solennellement au nombre des saints. » — 3 Voir la généalogie composée par M. de la Salle de Létang, au xvin1' siècle, conservée à la Bibl. nat., dossiers Meus, u" 15711, reproduite dans le Bulletin catholique de Ba.yon.ne en 1887, et dans la Revue de Champagne et de Brie en 1888.

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