‹ Histoire de S. Jean-Baptiste de la SalleChapitre 203 sur 320 · ECOLE DE GRENOBLE · texte numérisé non relu

ECOLE DE GRENOBLE

MM. de Saléon et CaneL, chargés de trouver les maîtres, virent, successivement à Paris. M. de la Salle à ce sujet, en 1705 et en lTOli. Mais le serviteur de Dieu, qui était alors en butte aux persécutions des maîtres écrivains, ayant traîné l'affaire en longueur, M. Canel lui écrivit, au nom du Bureau, le 30 août 1707 '.

« Il y a environ quinze mois qu'étant à Paris, j eus l'honneur de vous parler, monsieur, pour sçavoir si vous pourriez donner deux Frères de votre communauté pour tenir a Grenoble une école de charité , et vous eûtes la bonté de me faire espérer que vous nous l'accorderiez; je crois que M. l'évèque de Gap, qui resta à Paris après moi, vous en aura aussi parlé. Depuis ce temps-là, nous avons disposé toutes choses, soit pour leur logement, soit pour leur entretien. Ainsi je vous prie de nous en faire avoir deux le plus tôt que vous le pourrez, et de nous faire sçavoir à peu près ce qu'il faudra que nous leur fournissions tant pour leur voyage que pour leur entretien à Grenoble. Nous prendrons le fond de ce qu'il leur faudra sur des aumônes destinées à des œuvres de eharite. et nous regarderons celle-là comme une des meilleures que nous puissions faire. Si vous prenez la peine de m'écrire ce qu'il faut pour leur voyage, je vous le ferai aussitôt remettre à Paris. »

Une lettre à la fois si délicate et si pratique, qui montrait toutes les voies aplanies pour une heureuse fondation, détermina M. de la Salle. Sans retard, il envoya deux Prères. qui ouvrirent une première école à Sainl- Laurent, le 2 novembre 1707. Peu d'années après, une seconde école, devenue nécessaire, fut créée sur la paroisse Saint-Hugues. Les écoles de l'hôpital général furenl

tembre 1 TOT ; il eut pour successeur Alleman de Montmartin, qui iil bob entrée à Grenoble le o juin ITos. Blain et Maillefer ont donc eu tort d'attribuer ù ce dernier la création îles écoles de charité. Cf. Archives municipales de Grenoble, série BB. Registre des délibérations consulaires 1705-1706 .

1 Lettre conservée par Blain, t. II, p. ">î.

iio L'ÉTABLISSEMENT DE ROUEN

aussi confiées aux Frères, et partout on eut lieu de s'applaudir d'avoir appelé des maîtres si bien faits pour instruire et diriger la jeunesse.

L'année suivante, 1708, M. de la Salle ouvrit une autre école qui était en projet depuis trois ans. Dès 1705, M"'' Poignant l'avait sollicité d'envoyer deux Frères à Saint-Denis, près Paris, pour instruire les enfants pauvres de la ville. Il répugnait à multiplier des établissements de ce genre. Il craignait que, dans ces communautés de deux Frères seulement, le relâchement ne s'introduisît promptemenl; il préférait créer des maisons de quatre Frères au moins, à la tête desquels il pût mettre un directeur, chargé de veiller à la conservation de leur ferveur religieuse.

Il céda néanmoins aux instances de M110 Poignant, déterminé par deux motifs : il espérait que M"c Poignant achèverait son œuvre en laissant des fonds pour une plus nombreuse communauté ; il allait acheter une grande maison à Saint-Denis, et il se croyait enfin en état de relever le séminaire des maîtres de campagne, œuvre qui lui était très chère et qu'il ne perdait jamais de vue. Des deux côtés, il se trouva péniblement déçu. M"" Poignant mourut sans perfectionner sa fondation ; la maison achetée à Saint- Denis devint, pour M. de la Salle, l'occasion du plus humiliant procès , ainsi que nous le verrons bientôt1.

Le sainl fondateur était trop sage pour ne pas exercer sur ses Frères un vigilant contrôle. 11 comprit que la multiplication des écoles lui faisait une obligation d'organiser «1er- visites régulières. Jusque-là il s'était imposé à lui-même la lourde charge de voir chaque année tous Frères, non seulement à la retraite générale, mais dans leurs écoles, lai I70S, il nomma des visiteurs. Le frère Ponce fut chargé d'inspecter les communautés du

1 Maii i i ■i-i:ii . p. 196-197. Bi.ain, I. II. p. '.'.;J-b6.

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