LES FRÈRES ENJOIGNENT A LEUR SI PÉRIE1 I! DE REVENIR
Le départ de M. de la Salle, nous l'avons remarqué, n'avait point été une fuite, et son séjour prolongé dans le Midi, nous venons de le voir, ne fut pas une désertion. En effet, dans les deux ans et demi (pie dura son absence. il demeura attaché à sou Institut, et constamment occupé de son Institut. Il visita ses divers établissements, il fonda
1 Ec chanoine Louis sVn plaint dans une lettre du 3 janvier 1719,
dont l'original se conserve aux Archives des Frères.
;i22 SEJOUR DANS LE MIDI
un noviciat à Marseille, il vécut toujours au milieu de se- Frères; dans ses retraites les plus cachées, à Saint- Maximin, à la Grande -Chartreuse, à Parménie, il eut toujours un Frère près de lui. A Grenoble, où il parut plus isolé, nous l'avons vu faire la classe, députer le directeur pour visiter les maisons du Nord, et entretenir une correspondance active avec un grand nombre de ses disciples.
Même à l'égard des établissements du Nord, la séparation ne fut jamais complète : le serviteur de Dieu les suivit, au contraire, avec une sollicitude infatigable. Il était en relation avec le frère Barthélémy, directeur du noviciat. qu'il avait chargé de l'expédition des principales affaires; avec le frère Joseph, visiteur de toutes les maisons situées au-dessus de la Loire; avec le frère Dosithée, qui faisait prospérer les œuvres multiples de SainL-Yon. Les principaux Frères ne le perdaient, pour ainsi dire. jamais de vue : le frère Barthélémy, en juillet 1712, lui envoya les sentences du Ghâtelet; le frère Thomas, procureur de l'Institut, fut chargé, par les Frères de Saint- Ion, de lui envoyer un secours d'argent dans les Cévennes1; M. de la Salle lit. le 2 novembre 1713, un placement sur l'octroi de Rouen, sans doute par l'entremise dn frère Thomas2: le 23 janvier 1713, son frère le chanoine Louis, muni de sa procuration, acheta en son nom une censé du prix de sept cent soixante livres ', dont le revenu était évidemment destiné aux Frères de Reims; il fut si bien tenu an courant de ce qui se passait dans le Nord, (pie. de Grenoble, il députa un Frère qui pùl lui faire un rapport exact de la situation.
Ces observations nous ont semblé nécessaires pour faire tomber la légende accréditée par les exagérations
' LtrcARD, Vie, l. 11. p. 106, d'après certaines pièces des archives de Rouen, F.. Suint- Von. — - Ihiil. — ! L'acte authentique d'achat se conserve aux Archives des Frères. La censé d'Acy fui achetée do Jean (laiton, bourgeois de Reims, et de Nicolle Roland, son épouse.