LE NOVICIAT A SAINT- YON M
à Paris surtout, devinrent très difficiles : I aiulis que les vivres devenaient plus chers, l'argent devenail plus rare. M»"' de Maintenon. retirée à Saint-Cyr, el sans inftuence sur le régent, ne pouvait plus être la providence de 11nstitut. M. de la Salle, certain que sa communauté allait manquer du nécessaire, prit le parti de la réduire : il ne laissa à Paris que les Frères indispensables aux écoles, et il renvoya à Saint -Yon, sous la conduite du frère Barthélémy, loul le personnel du noviciat. Ce noviciat, il est vrai, comptait bien peu de sujets, trois ou quatre seulement; car, depuis trois ans. les idées vie M. de la Chétardye sur la l'orme de l'Institut en avaient tait baisser le nombre1. Ce nombre, insuffisant aux besoins des écoles, devait croître : tant pour activer le recrutement que pour subvenir aux nécessités du noviciat, il y avail donc urgence de le transférer hors de Paris.
Le noviciat s'établit àSaint-Yon au mois d'octobre I71&. Un mois après. M. de la Salle crut qu'il était de son devoir de suivre les novices. Mais pouvait-il quitter Paris sans avoir présenté ses hommages au cardinal de Noailles? Il se trouva 1res perplexe à ce sujet. La sympathie dont il était l'objet de sa. part l'y poussait; mais cette démarche, près d'un prélat dont la résistance à la bulle Urdgenitus troublait toute la France, pourrait passer pour une adhésion au parti de l'appel. Après deux jouis passés en prières, M. de la Salle, sans aller à l'archevêché, fil ses adieux à M. de Prou, le supérieur officiel des Frères de Paris2.
M. de Prou, qui ne s'attendail pas à ce départ, et <pn Craignait que l'éloignement de M. de la Salle ne lût préjudiciable aux écoles, lui fît défense de partir. Le Saint ne discuta point la légitimité de ce commandement; il se soumit humblement et retourna à la maison. Surpris autant qu'édifié de la parfaite obéissance d'un homme
1 Blain, i. II, p. 128. — - tbid., I. 11. p. 128.
dont il honorait l'âge et les vertus. M. de Brou éprouva comme le regrel d'avoir donné un ordre si exprès; dès qu'il se l'ul assuré, par les Frères, que la présence du fondateur était moins nécessaire à Paris qu'à Rouen, il s'empressa de lui rendre sa liberté.
M. de la Salle arriva à Saint -ion dan- les premiers jours de décembre 1715. Depuis qu'il en était parti, au printemps de 1709. à peine y ;iv;iil-i! l'ail de courtes et rares apparition--. Bien des progrès s'y étaient réalisés durant ces six années. La bienveillance du premier président. M. de Pontcarré, ne s'était par un instant démentie; le chanoine Blain exerçait la supériorité avec un zèle égal à sa discrétion. Sou- la prudente direction du frère Dosithée, toutes les œuvres s'étaient développées : un bâtimenl isolé avait été construil en prévision du retour des novices; le pensionnat dv> élèves libres s'était organisé; le pensionnat de force se formait à son tour. Notre Saint entoura tous ces établissements de la plus constante sollicitude.
11 régla les études el la discipline du pensionnat avec autant de sagacité qu'il l'avait fait pour les petites écoles '. Le personnel comprenait : un directeur, un préfet, deux professeurs par classe, un procureur et des Frères de service. Le directeur avait la responsabilité de la maison el veillait surtout au spirituel: le préfet était spécialement chargé de la discipline; dans chaque classe il y avait un maître d'écriture, enseignanl le français, et un maître de chiffres, enseignanl les mathématiques. D'autres Frères^apprenaienl la comptabilité, le dessin, la musique et les langues vivantes. Dans les réglementa de ce pensionnai modèle, non- relevons des observations qui conviennent à tous les éducateur-.
(( Gomme, par rapport aux élèves, le premier devoi
1 Le frère Lucahd, Annales, t. I , p. a réuni les principaux
articles d ients de Saint-Yon au xvm1 siècle; nous lui emprun-
tons les citations qui >ui\ enl .