‹ Histoire de S. Jean-Baptiste de la SalleChapitre 251 sur 320 · LE SAINT A CALAIS · texte numérisé non relu

LE SAINT A CALAIS

sion de trois cenls livres que Lotus XIV avait promise.

Deux faits signalent son passage à Calais.

Le doyen de Calais l'invita à officier le jour de l'Assomption et prêcha en sa présence. Imbu des nouvelles doctrines et antipathique au développement extraordinaire que prenait alors le culte de la sainte Vierge, le eun1 lit son prône sans aucune allusion an mystère du jour. M. de la Salle en fui scandalisé, et, avec un courage tout apostolique, il en fil doucement, mais avec fermeté, 1 observation an doyen. Celui-ci, frappé (\c< raisons que le Saint lui apporta en faveur du culte de la Vierge, promit humblement de réparer sa faute le dimanche suivant. Dieu récompensa en effet cel acte d'humilité, en donnant à sa parole des accents si convaincus et si pénétrants, qu'il loucha profondément son auditoire '.

Quoique M. de la Salle eûl pour principe de prendre ses repas avec les Frères, il crut (pie la reconnaissance lui faisait un devoir de s'en départir quelquefois et (te s'asseoir à la table de M. Gense. Ce fut durant l'un de ces dîners intimes qu'un peintre, caché derrière nue tapisserie, prit son portrait. Le Saint, qui s'en aperçut, en éprouva nue si vive peine, qu'il opposa désormais aux invitations de M. Gense le pins énergique refus'-.

De Calais il se rendit à Saint -( )mer. où l'évêque était en instance pour avoir dc> Frères. M. de Valbelle avait, en effet, tenté d'en obtenir en écrivanl à Paris; mais M. de Brou lui avait enlevé lotit espoir, en lui alléguant le petit nombre de sujets alors présents au noviciat. Averti des désirs de l'évêque, M. de la Salle offrit de I aller voir pour traiter l'affaire avec lui. Il v alla en effet, cl les négociations, ouvertes en 1716, avec le vicaire général de Saint-Omer, aboutirent, en 1719, à une nouvelle fondation '.

1 LucAitD, Vie, I. M. \<. I:J8. — 2 Bi w.\ . I. II. p. 388. - Lui vrd,

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M. M! I.. BALLE âE PUEPAKE A DONNEH ->.i DEMISSION.

i:i:i:i: BARTHÉLÉMY : i Dl DEUX ASSIS1 LîS'TS. HUMIL1 II': DE M. DE I \ SALLE 1716-17 H

Une lois de retour à Saint -Yoii, M. de la Salit' n'eu! ])oinl (I autre préoccupation que de se démettre enfin de la supériorité. Pendanl plusieurs mois, il prépara les Frères, dans les conversations qu il eut avec eux, à celle idée de démission Pour son compte, il était principalement guidé par (\c> sentiments d'humilité; s'il n avait pu réussir, depuis trente ans. à quitter la première place, il voulait du moins, avant de mourir, descendre au dernier rang. Déchargé du lourd Fardeau de l'administration^ il aurait le loisir de suivre son inclination pour l'oraisori et de se préparer à la mort. Aux veux de ses disciples, il Taisait valoir l'intérêt de son Institut. Ce qu'il avail dit cent l'ois, il le disait encore : il était essentiel à I Inslilul d'être gouverné par un Frère; or, si I élection d'un Frère était facile pendant sa vie, elle serait très entravée après son décès. Le gouvernement de l'Institut avait été si discuté, ijn il devenait nrgeni de lui faire prendre sa forme définitive.

Ces raisonnements étaient Irop fondés pour ne |>aloucher les Frères; l'état de délabremenl où était la santé de M. de la Salle donnait à ses raison- une nouvelle force. Les Frères n auraient |>as liésislé à se rendre, s i ls n'avaient craint de se priver de l assistance cl des conseils de leur luen -aimé' Père, s'ils u avaient redouté, du fait de ce changement, des suites funestes pour 1 Institut. Mais le Saint les rassura : il sérail avec eux lout entier, comme il lavait été jusque-là; il les porterai!

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