ACTES DU FRÈRE BARTHÉLÉMY
servant destiné pour pourvoir aux besoins temporels desdits Frères, agréons et approuvons l'élection qui a été faite du frère Joseph Trufïet , dit frère Barthélémy . pour supérieur général et perpétuel de notre ditte société , au mois de mav dernier, par les Frères directeurs de la plus grande partie des maisons de notre ditte société . déclarons que le frère Barthélémy, en cette qualité de notre supérieur général, est venu de la maison Saint-^ on , où il demeure , pour visiter notre demeure.
<r C'est pourquoy nous luy avons rendu compte de notre conduitte et de celle de notre maison . tant spirituelle que temporelle , et nous avons reçu avec respect et soumission les avis qu'il a eu la bonté de nous donner, dans la disposition de les pratiquer : que même ledit frère Barthélemv, notre supérieur général, a envoyé, de laditte maison de Saint- Yon en celle -cv. deux Frères, depuis peu, pour faire commencer une nouvelle école proche les Invalides, laquelle a été commencée lundy dernier, et nous a donné le frère Jean Jacot, dit frère Jean, pour notre Directeur et pour conduire sous luy notre maison. Fait en notre maison de Paris, fauxbourg Saint-Germain, ce onze novembre dix-sept cent dix-sept. y> (Suivent les signatures.)
La sollicitude du frère Barthélémy n'oublia point le frère Gabriel Drolin. S'il n'entreprit point le voyage de Rome j^oui' le visiter, il lui éerivil une lettre tout empreinte de simplicité et d'abandon, de tendresse el d'humilité. Nous nous plaisons à la citer intégralement1.
« Mon très cher Frère, la grâce et la paix de Notre -Seigneur Jésus- Christ soient avec nous. C'est avec bien de la joye que je me donne l'honneur de vous escrire celle-cy , ayant appris par notre cher frère Joseph que vous lui aviés escrit étant en peine de M. de la Salle, notre cher père, et n'ayant receu qu'une de ses lettres depuis un an. Voilà ce que notre
1 Nous prenons le t<'\tc sur L'original même, conservé aus Archives «1rs Frères.
cher frère Joseph nous a mandé de votre part. Je vous diray. mon cher Frère, que M. de la Salle est fort en peine de ce que vous ne luy avez pas fait de réponse à sa dernière , que j'ay mise moy-mème à la poste d'Avignon, et pour laquelle j'ay payé quatre deniers de port, selon les ordres de monsieur notre cher père. Il espérait que vous luy envoyeriez votre consentement pour ce qui serait arresté dans l'assemblée qui a été faite dans le mois de mai dernier, dans laquelle nos chers Frères ont jugé à propos de me charger du gouvernement de notre Institut. Et nous y avons aussi choisi ensemble par scrutins nos chers frères Jean et Joseph pour assistants.
« Monsieur notre cher père ayant jugé à propos de se décharger, et ayant cru qu'il était nécessaire, pour le bien de notre Institut, que nos Frères prissent soin de la conduite généralle durant son vivant et qu'il leur servît d'aide par ses sages avis et conseils, nos chers Frères n'ont pas cru devoir presser davantage M. de la Salle de reprendre la conduite généralle qu'il avait laissée depuis quelques années. Il m'a chargé de vous saluer avec beaucoup d'affection de sa part, et de vous prier de nous mander si vous voulés que nous vous envoyions, les vacances prochaines, un Frère pour vous aider. Nous tâcherons d'en choisir un bon et bien capable de vous aider et de soutenir l'oeuvre après vous.
<c Les affaires de notre Institut vont fort bien. Nous avons acheté une maison de quinze mille livres pour le noviciat, à Rouen, et il y a beaucoup d'aparance que nous aurons bientôt un établissement dans le Canada, et nous espérons que ce sera avec un pouvoir du prince (le Régent), qui a eu déjà la bonté d'accorder trois mille livres de rentes annuelles, pour la subsistance des maistres d'école et de nouveaux (maistres) qu'on prétend envoyer et que nous demandons pouvoir former, tant en France qu'en Canada ; ce qui pourra beaucoup contribuer à notre établissement solide en France, supposé que la chose réussisse.
« Nous vous prions, mon cher Frère, de vouloir bien visiter l'église et les tombeaux de saint Pierre et de saint Paul, d'y communier <•[ d'y recommander à ces deux grands