SA FERVEUR A L'AUTEL
moment, et ce n'était qu'après quelque temps qu'il revenait à lui. Cette espèce d'extase venait de l'assujettissement continuel où il réduisait ses sens. Il n'avait aucune attention pour les choses du monde. Il aimait à être seul et fuyait de paraître en public. Il parlait peu. toujours recueilli en lui-même, modeste et retenu dans toute sa conduite, tranquille et paisible dans toutes sortes de situations1. »
« II aimait que les églises fussent ornées, les autels bien parés, et que la magnificence dc< sanctuaires soutînt l'idée de la grandeur du Dieu qui y esl adoré e1 «les mystères qui s'y opèrent. Il s'affligeait de voir les maisons de particuliers plus somptueuses que nos temples, et de viles créatures venir faire parade de leurs pompes au. pied dc> autels, comme pour insulter, par leur luxe et leur magnificence, à la pauvreté de Celui qui règne dan- les vieux. Enfin, quoiqu'il fût si pauvre et si amateur delà pauvreté, il avait conservé sa chapelle et ses ornements d'autel, qui étaient riches et fort beaux-. »
Son zèle pour la bonne tenue dans le lieu saint le porta parfois à des actes sévères à l'égard d'ecclésiastiques oublieux de leurs devoirs. Dans les premières années de son sacerdoce, il réprimanda vivement un prêtre qui manquait de dignité: ayant échoué dans des avis discrets, il l'avertit publiquement et avec une telle énergie, qu'il l'obligea de quitter la ville3.
Mais n'anticipons pas sur l'avenir. Nous avons conduit notre Saint jusqu'à l'autel. Son éducation est achevée. Dieu, qui a pris possession de son âme, ne lui a point encore découvert sa mission. Cependant, dès les premiers jours de sa vie sacerdotale, Jean-Baptiste de la Salle va être engagé par la Providence . et sans y prendre i^arde, dans la voie spéciale d'où il ne sortira plus.
1 Maillefer, p. 11-12. — - Blain, t. II, p. 236. — 3 Blain, p. 133,