CHAPITRE XXIII
Nicéphore Callislc, qui nous a transmis cette lettre, est un auteur d'une légèreté bien connue en matière d'appréciation historique et littéraire. Il n'a pas vu le cachet de la supercherie dans une production où les pensées contemporaines n'ont pas même le mérite de se dissimuler d'une manière complète sous un voile transparent d'antiquité. Qui ne voit, en effet, que le cineres tantum tuos, et la singulière réflexion ipsam tuam umbram contemplari, ne sont que des réminiscences païennes que Théodosc n'eût pas invoquées, et que l'auteur n'a jetées là que pour donnera sa composition l'apparence d'une couleur locale?
Non , cette lettre n'est point une pièce sérieuse qui puisse faire partie intégrante, dans l'histoire véridique d'un saint. Acceptons, avec le culte du {dus profond respect, les manifestations surnaturelles dont la raison nous démontre l'existence, mais gardons-nous d'accorder une adhésion irrationnelle et téméraire aux assertions d'une crédulité suspecte, non plus qu'aux aborralions d'un rationalisme ignorant.