CHAPITRE XVn
« lernation, c'est que le fléau dévastateur n'a point encore a atteint ses dernières limites, et qu'il ne nous permet « aucune espérance d'en voir le terme apparaître dans un « avenir prochain. Bien loin de nous laisser cet espoir, il « s'étend de jour en jour dans des proportions effrayantes. a Nous sommes devenus, de la part d'un grand nombre « de nos ennemis , un objet de dérision, ou plutôt de défi daigneuse sympathie ; car nul n'est tenté de nous livrer « à l'hilarité pubUque, même dans la société des mé- « créants , et parmi les cœurs les plus engagés dans les « liens de la passion et de l'impiété. Tous viennent unir « leur indignation à nos gémissements et leurs larmes à « nos larmes, à la vue des débordements inouïs de la ven- « geance et de la grandeur accablante de nos calamités.
« Qui pourra raconter les malheurs des autres Eglises ? « car le torrent ne s'est pas concentré dans nos provinces; « il a porté ses ravages jusqu'aux extrémités de l'Orient. « De même que la corruption qui fermente dans la tête , « porte nécessairement la putréfaction dans tous les mem- « bres du corps, de même la révolte et les passions fo- « mentées dans la capitale , ont fait irruption de cet « immense foyer, pour répandre et faire serpenter la ré- « bellion jusque dans les provinces les plus reculées de « l'empire. Partout les clercs sont soulevés contre les pre- « miers pasteurs, les évêques contre leurs frères, les peu- (i pies contre les peuples, et partout, ceux qui vivent « encore à l'ombre de la paix, se sentent agités du frémis- « sèment précurseur de la discorde. On entend en tout « lieu des cris de douleur et d'effroi; partout l'univers se a sent tressaillir dans les premières étreintes d'un boulece versement.
« Désormais instruit de nos malheurs et de nos désas- « très, très-saint et très-vénéré seigneur, ne vous laissez « point impliquer dans les lenteurs d'une hésitation stérile. « Hùtez-vous de déployer votre courage et votre zèle, pour « opposer une barrière à ce fléau qui fait invasion dans