‹ Histoire de S. Thomas de Villeneuve, dit l'aumonierChapitre 30 sur 37 · SŒURS DE SAINT-THOMAS · texte numérisé non relu

SŒURS DE SAINT-THOMAS

clergé d'Aix , M. l'abbé Maurin , qui a bien voulu , à la prière d'un ami , compulser les archives de la Maison- Mère , de l'hôpital et de l'archevêché.

Mgr de Boisgelin, archevêque d'Aix , voulant doter son diocèse d'une maison d'éducation pour les jeunes personnes de la classe élevée , s'adressa à la supérieure de la congrégation de Saint-Thomas-de- Villeneuve. Empressée de seconder les vues du prélat, la Mère de Valois mit à sa disposition plusieurs de ses filles, parmi lesquelles se trouvait madame de Pinczon, religieuse jeune encore, mais déjà pleine de mérite, qui joignait, à une grande piété, beaucoup d'esprit et une instruction très-développée. Un pensionnat fut ouvert quelques années avant la révolution , dans la petite ville de Lambesc; mais en 1791, on fut contraint de le fermer. Les institutrices dévouées s'expatrièrent; madame de Pinczon se réfugia en Italie. Après le Concordat , elle revint à Aix , où elle retrouva un grand nombre de ses anciennes élèves. Celles-ci, devenues pour la plupart mères de famille , sollicitèrent leur pieuse et habile maîtresse de donner à leurs enfants , en reprenant ses fonctions d'institutrice , les leçons de science et de vertu dont elles s'étaient elles-mêmes si bien trouvées. Madame de Pinczon établit un pensionnat près de la métropole. Le nombre des élèves devint bientôt si considérable, que la maîtresse se vit obligée de demander des sœurs auxiliaires à la supérieure générale de sa congrégation. En conséquence , mesdames Gaudichau , Thévenet , Mignac et de Bathime s'adjoignirent à madame de Pinczon , qui avait pu se procurer d'autre part quelques nouveaux

sujets , et qui fut nommée supérieure de la petite communauté.

Peu de temps après son installation , Mgr de Cicé , archevêque d'Aix, eut la pensée de confier à des religieuses le service de l'hôpital. Son projet ayant reçu l'agrément des administrateurs, le prélat fit appel à la communauté de madame de Pinczon. Elle fut mise en possession de l'établissement le 19 nivôse an XII, par MM. les vicaires généraux Florent et Blanche , en présence de tous les administrateurs.

Pendant le séjour qu'il fit à Paris , à l'occasion du sacre de l'empereur Napoléon , Mgr de Cicé obtint du gouvernement la reconnaissance de sa nouvelle communauté comme maison indépendante. Cet acte brisait tous les liens qui avaient rattaché jusque-là cette communauté à la congrégation des Filles-de-Saint-Thomas-de- Villeneuve ; la supérieure générale dût rappeler les quatre religieuses qu'elle avait adjointes à madame de Pinczon ; toutefois , elle autorisa cette dernière à rester à la tète de sa communauté d'Aix , dont les religieuses reçurent du premier pasteur la dénomination particulière de Sœurs de Saint- Thomas de Notre-Damede-Grâces.

Sous l'habile administration de madame de Pinczon , et avec la bénédiction du Seigneur , la communauté des sœurs de Notre-Dame-de-Gràces se développa heureusement. Le nombre des jeunes aspirantes augmentant de jour en jour, soit au pensionnat , soit à l'hôpital , on comprit la nécessité d'établir un noviciat régulier. On choisit pour cela un enclos voisin de l'hospice , qui ren-

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