‹ Histoire de S. Vincent-de-PaulChapitre 43 sur 51 · HI8T01A · texte numérisé non relu

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lennelles, des communions générales et de pu* bliques actions de grâces venaient en clore les exercices.

Ces missions eurent un succès prodigieux.

On accourait de tous les villages voisins au village où la mission était commencée ; les scandales cessaient , les églises tombées en ruine ^e ré« levaient par des contributions volontaires ; on surmontait ses mauvais penchans, les restitutions se faisaient dans Tombre, les hérétiques abjuraient, les confessions générales se comptaient par milliers; en un mot, Dieu bénissait visible* ment ces travaux qui rappelaient ceux des apôtres. Ainsi furent evangélisées tour à tour l'Ile de France, la Picardie, la Bretagne,' T Auvergne; partout le succès fut égal ; mais le zèle religieux se ranima plus vivement au village que dans les cités , parce que les hommes des champs ont la foi plus simple et Fesprit moins raisonneur que ceux des villes. Vincent-de-Paul s'y était attendu dès le commencement, et l'expérience justifia ses prévisions. Les missionnaires remarquaient cette différence, et l'un d'eux lui écrivait : « 11 faut que j'avoue , que j'ai trouvé plus de bénédiction dans les champs que dans les villes , et que j'y reconnais plus de mar^ ques d'une véritable et sincère pénitence, et de la première droiture et simplicité du christianisme naissant. Ces bonnes gens ne se présentent jamais à la confession qu'en fondant en larmes ; ils s'es^ timent toujours les plus grands pécheurs du

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monde ^ et sollicitent même une pénitence plus grande que celle qu'on leur impose.»

Le êuccès consolant de ces missions n'était pas dû seulement à l'éloquence des prédicateurs ; il provenait encore des vertus dont ils donnaient l'exemple. On les voyait passer coui*ageusement à travers les armées pour porter des secours et des consolations aux provinces envahies. L'ennemi survenait-il dans un village ? ils aidaient les habi« tans à sauver leurs biens. La peste se déclaraitelle? ils soignaient les pestiférés. La guerre jonchai^elle les routes de soldats mourans? ils étaient sauves dés qu'ils voyaient venir à eux un missionnaire ; car celui^à ne passait pas insouciamment son chemin comme le lévite de la Parabole. Après les sièges , ils plaçaient les veuves et les orphelins dans des maisons de charité; et du reste, ils donnaient gratuitement l'instruction et soulageaient libéralement l'infortune. Comment leur parole eût-elle été impuissante, appuyée sur de telles œuvres? et puis c'étaient des hommes au cœur simple , aux intentions droites et pures, qui faisaient tout pour la plus grande gloire de Dieu. Honneur à vous, enfans de saint Vincent-de-Paul, car vous avez persévéré dans ces sentimens là, et vous êtes encore aujourd'hui ce que vous étiez au dix-septième siècle !

La maison de Saint-Lazare fit plus de sept cents missions en France, du vivant de Vincent-de- Paul , et lui-même , malgré ses infirmités , y tra-

Taillait encore à Tàge de quatre-vingts ans. Lors* quil fut forcé de .s*en abstenir, il retint toujours une ardente affection pour cet exercice dans lequel il eût voulu vivre et mourir, comme il le déclara confidemment un jour à un chef de mis* sion auquel il écrivit ces lignes :

c Je ne puis , monsieur , que je ne vous dise « simplement que la bénédiction extraordinaire « que Dieu vient de donner à vos travaux, a « renouvelé dans mon cœur de si grands désirs « d aller finir ma vie , parmi mes infirmités , au- « près de quelque buisson en travaillant dans les « villages , que je ne saurais vous Texprimer. Ohl « qu'il me semble que je serais heureux si Dieu' « me faisait cette grâce ! »

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