AMI5R0ISK ET BASILE LE <;RANI
L'impiété a tini par mourir de ses blessures ; mais la foi des saints est restée hors d'atteinte. Ils n'ont pu même regretter que la patrie leur ait refusé un tombeau ; car le Seigneur leur réservait un palais dans le ciel. On les a vus errants sur la face de la terre, n'ayant rien , mais possédant tout. Les lieux de leur exil se changeaient en lieux de délices; car que pouvait-il manquer à ceux qui possédaient les richesses de la foi? Leur propre indigence trouvait encore le secret de secourir leurs frères. Continuellement dans les jeûnes, les travaux, les prisons et les veilles, toujours combattus et ne succombant jamais, c'est par leur infirmité qu'ils furent victorieux. Ils ne recherchaient pas de molles délicatesses, eux qui se réjouissaient de leur faim. Les brûlants climats ne les consumaient pas; car ils étaient rafraîchis par l'eau jaillissante de la vie éternelle. Les rigueurs d'un ciel glacé ne les pouvaient arrêter, parce que le souffle de la ferveur faisait fleurir en eux un perpétuel printemps. Ils ne redoutaient pas les chaînes depuis que Jésus-Christ les avait affranchis; et ils méprisaient la mort, dans la ferme confiance de la résurrection '. »
« Enfin , le saint homme Denys a vu ses vœux accomplis: il est mort dans l'exil... Et si c'est le vénérable Eusèbe qui a levé le drapeau de la foi par une confession généreuse, c'est le bienheureux Denys qui, le premier, a terminé sa vie dans un exil plus rigoureux que le martyre 2. »
La translation des reliques de saint Denys à Milan fut une manifestation publique de la croyance et des résolutions d'Ambroise. Les ariens jusqu'ici avaient pu espérer
i Denique vulnerata est perfidia ut occideret, non est vulnerata sanctorum fides. Non desiderarunt patrium sepulcrum quibus reservabalur cœlesle domicilium. Erraverunt toto orbe ut nihil habentes, et possidentes omnia, etc. (Ambros. Epist. lxiii, n. 69. t. II. p. 1039.)
2 Ambros. Epist. lxiii, n. TU, t. II, p. 1039.