‹ Histoire de Saint AmbroiseChapitre 43 sur 137 · AMBR01SE ET BASILE LE GRAND · texte numérisé non relu

AMBR01SE ET BASILE LE GRAND

contre de tout faux rapport qui voudrait dénaturer la vérité des faits *. »

Quand, ayant traversé l'Orient et l'Italie, le cortège arriva dans la ville de Milan, l'évêque vint recevoir, à la porte Orientale ou Argentea, le corps de son prédécesseur. Puis il le conduisit parmi les larmes et les cantiques des fidèles dans une petite église située au nord de l'enceinte, et qui depuis a porté le nom de saint Denys. L'enthousiasme éclata chez le peuple catholique; et si l'on veut savoir quel fut celui d'Ambroise, il faut entendre l'éloge qu'il faisait en ces termes de ce confesseur de la foi et de son compagnon de souffrances, Eusèbe de Verceil.

« Hommes dignes d'éternelle mémoire! les armes les environnaient, les troupes les enveloppaient ; on les arrachait de la grande Basilique : mais ils triomphaient encore de ce pouvoir impie, leur patience les rendait supérieurs aux outrages, et leur victoire devenait le gage de la céleste couronne. Ni la puissance impériale ni l'appareil des armes n'ont été capables de leur ravir la foi ; ils ont dompté la sauvage férocité des bêtes que bravaient les martyrs; car « la colère d'un roi est comme celle d'un lion », dit le livre des Proverbes 2.

« Il confessait sa défaite celui qui en était réduit à les conjurer d'apostasier. Pour eux, ils estimaient leur plume plus puissante que l'épée 3; et ils avaient raison.

i S. Basil. Epist. xcvn. — Édit. Migne, t. IV, p. 711 , in-4°.

2 Dionysius posthabuit imperatoris amicitiam exsilio voluntario. ltaque memorabiles viri, circumdati armis, vallati exercitu, cum raperentur de Ecclesia majore, Iriumphabant de imperio. (Epist. lxih, ad Verceil., n. 68.)

3 Illi validiorem calamum suum ferreis gladiis arbitrabantur. (lbid.,

Ce mot admirable et toujours vrai est une allusion à ce qui se passa au concile de Milan, où Eusèbe et Denys s'obstinaient à signer le symbole de Nicée , malgré les ariens qui leur arrachèrent la plume dos mains.

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