AMBROISE DEVANT EUGÈNE
Ces vœux se perdirent au sein des cris de détresse que poussait l'Italie écrasée ou menacée par Arbogast. L'Église n'avait pas moins à souffrir que l'État : on était en pleine renaissance païenne. L'autel de la Victoire se redressait à Rome, les temples se rouvraient; le préfet Flavien, païen fanatique, consultait les aruspices; l'image d'Hercule, emblème de la force brutale, reparaissait sur les étendards ; la statue de Jupiter était préposée à la garde des forteresses, et Eugène apostat faisait son entrée à Milan au nom des anciens dieux.
Il n'en voulut pas moins assister aux saints mystères ; mais les portes du sanctuaire se fermèrent devant lui; et le clergé milanais , en l'absence de l'évoque , s'obstina à refuser les oblalions du tyran. Arbogast était furieux contre le pontife et ses prêtres : « Qu ils attendent mon retour, disait-il à Flavien; une fois vainqueur, je ferai de leur église une écurie, et leurs clercs partiront s'exercer dans mes armées M »
L'expédition, dont le succès enivrait d'avance l'insolent soldat, était dirigée contre l'empereur Théodose. Celui-ci, en effet, se préparait enfin à venger Valentinien en délivrant l'Italie. Dans le printemps de l'année 394, ayant nommé Augustes ses deux jeunes fils Honorius et Arcadius, le grand homme s'était mis tranquillement en marche contre l'usurpateur. La première rencontre n'eut lieu que le 5 septembre, dans les plaines d'Aquilée. L'armée d'Eugène portait les symboles païens, Théodose marchait sous
vacat orationibus, inserviL Deo... Nos aulem in medio versamur omnium molestiarum freto. Cum annum lerlium ef quinquagesimum jam perv duxorim in hoc corpore situs, in quo lam graves suslinemus gemilus , quomodo non dicam : habilavi cum habitanlibus Madian ? (Ambr. Episl. lix, n. 3 et 4.)
i Promiserant... stabulum se esse facluros in basilica ecclesise Mediolanensis, alque clericos sub armis probaturos. (Paulin, in Vita Ambr., n. 31.)