VI INTRODUCTION
et si chrétien; son liabitude des affaires, son expérience des cours, sa connaissance de son temps; de sorte qu'il paraissait l'homme providentiel pour une lâche que nul autre avant lui n'avait été en situation de remplir comme lui.
On verra avec quelle courageuse persévérance cette entreprise fut poursuivie à travers les révolutions et les persécutions de la deuxième moitié du iv^ siècle. De Valentinien P"" à Théodose le Grand, elle se continue sans relâche , pendant les règnes éphémères et par-dessus les tombeaux des deux frères Gratien et Valentinien II, « mes deux enfants, » ainsi que les nommait Ambroise.
Un moment on put croire qu'elle était accomplie ; et ce fut un jour de solennelle espérance que celui oîi, par cet homme, la république romaine et la république chrétienne joignirent leurs mains dans celles de Théodose , empereur d'Orient et d'Occident. La loi Cunctos populos, portée le 28 février de l'année 1380, en donna le signal, en déclarant enfin la religion chrétienne non plus seulement libre, mais )égnante dans l'État et seule reconnue par lui. Dans ce temps-là, de toutes parts les temples s'écroulaient, les idoles tombaient. Sur leurs décombres, les basiliques envoyaient vers le ciel les hymnes d'action de grâces et les aspirations d'un monde altéré de vie. Le culte de la Victoire , dernière idole de l'ancienne Rome guerrière, n'avait plus d'autres autels que les champs glorieux où l'on combattait pour Dieu , et où