VIII INTRODUCTION
ne virent le beau jour que promcltail cette aurore. C'est le malheur des Etats où tout dépend d'un seul, (jue ce maître absolu venant à disparaître , tout s'écroule avec lui. Ce jour-là, pour la première fois, la société avait semblé sur le point de toucher à cet idéal catholique, vers lequel son devoir est de tendre sans cesse , où devaient la faire remonter plus tard pour quelque temps Charlemagne et saint Louis, mais où ne put la fixer aucun de ces grands princes. Le règne complet du Christ ne sera donc .'jamais de ce monde ? La liberté humaine aura donc éternellement la puissance d'y mettre obstacle? Je ne sais; mais Ambroise put bientôt se convaincre que, sous cette société régénérée par la foi, il y en avait une autre obstinément rebelle à l'esprit de l'Evangile. Dans l'ordre politique , le pouvoir continua à se faire adorer; et la sacrilège tradition des cours prosterna les sujets des divùis empereurs au seuil du sacré palais de leur éternité. Dans l'ordre social, l'enfant demeura longtemps encore sous l'autorité brutale et discrétionnaire du père , la femme sous le joug capricieux de l'époux; l'esclavage resta la base même de la société; la guerre ne perdit rien de ses cruautés, ni l'amphithéâtre de ses sanglantes voluptés. Or, un tel ordre de choses était-il conciliable avec la religion de pureté, de justice et d'amour? L'empire ne demeurait-il pas ce mélange réprouvé d'oppression et de perversion, cette statue de fer et de boue que le prophète avait vue , et que devait briser une Pierre