INTRODUCTION IX
mystérieuse , pour devenir elle-même une grande montagne et couvrir tout le globe?
L'effet de cette réprobation ne se fit pas attendre. Tandis qu'au dehors l'invasion barbare, un moment arrêtée par le bras de Théodose , couvrait de ruines les États de ses faibles successeurs, le fiot impur du paganisme, refoulé par Ambroise, reparut derrière lui. Les derniers jours de l'évèque se passèrent à pleurer sur un débordement dont il n'était plus maître. La société politique et la société religieuse s'en allèrent de plus en plus aux extrémités opposées; aux derniers jours de Rome, le divorce fut complet. Alaric était aux portes; le béher battait les murailles , et le préfet urbain, nommé Pompeianus , appelait au secours de la ville les flamines étrusques qui devaient tout sauver en rétablissant le culte des aïeux. Cela se passait en 408, et il n'y avait pas dix ans qu'Ambroise n'était plusl C'était donc vainement qu'il avait combattu; c'était donc vainement que l'Eglise, comme une mère, avait étendu ses ailes sur la cité terrestre, pour la ranimer et la couvrir : l'ingrate avait méconnu le jour de la visite et méprisé les larmes de son rédempteur. Bientôt l'écroulement de l'empire apprit au monde ce qu'il en coûte de mépriser Dieu; et puisse l'exemple illustre de Jérusalem et de Rome en être le dernier exemple !
Toutefois, ce serait se tromper que de croire que le travail d' Ambroise périt avec l'empire. Lui-même put le redouter, car l'avenir de son ceuvre fut voilé